Jeudi 9 octobre 2008

J'ai énormément ri, hier, mais c'était un rire plein de pitié. De pitié pour le pauvre Gaston Bellemare, le dg du Festival international de la poésie, qui a décidé de livrer une guerre sainte, une croisade, un jihad contre les barbares et va-nu-pieds qui ont osé planter leur Off festival juste au pied de son immense forteresse. Malheureusement pour le pdg de Poésie Mauricienne Inc., son intervention maladroite tint plus de l'attentat suicide que de l'épuration sacrée.
Oui, j'ai ressenti de la pitié pour cet homme perturbé qui crie aux parasites, grattant frénétiquement sa peau aseptisée, comme un hypocondriaque parano, devant le regard perplexe de la population. Gaston Bellemare craindrait-il une invasion des amateurs dans sa belle poésie bien polie et prête à empaqueter?

La non poésie de la relève serait-elle un danger pour le statu quo littéraire qui dure à Trois-Rivières depuis une vingtaine d'années? Il est impossible de savoir puisque M. Bellemare ne lui a même pas laissé le temps de s'exprimer que déjà il lui a déclaré la guerre.

En ne laissant pas de place dans le festival officiel pour les nouveaux venus (il faut avoir été édité pour avoir l'honneur d'y lire ses textes), et maintenant en condamnant l'initiative de ceux qui osent leur laisser une place, Gaston Bellemare se tire dans le pied en s'attaquant aux prochains poètes, laissant présager une ambiance de réunion du troisième âge pour les festivals des prochaines années.

Mais le pape Bellemare ne s'arrête pas là. Il va jusqu'à redouter la désertion de son événement par des poètes reconnus: " (...) ils vont se promener dans nos événements pour dire aux poètes d'aller chez eux", affirme-t-il, comme inquiet pour la suprématie de son festival. Il faut dire qu'avec les années, la formule élitiste et institutionnalisée du Festival a fini par faire fuir bon nombre d'amateurs de littérature et de poètes.

De toute façon, du festival de quelle poésie parle-t-on ? De la poésie bureaucratique d'une demande de subvention au Conseil des arts et lettres ? De celle, le doigt en l'air, des cocktails au foyer de la salle J.-Antonio-Thompson ? Des recueils standardisés qui sortent à intervalles réguliers des presses des Écrits des Forges ? Quelle surprise que des jeunes ayant connu la poésie par Rimbaud et Baudelaire recherchent plus que cela dans un événement consacré au poème!

Le Festival n'a plus rien de significatif, d'épique, ce qui est quand même surprenant de la part des héritiers de la Nuit de la Poésie de 1970. Et en refusant l'énergie, la jeunesse et la révolte de la relève, on ne risque pas d'y voir de changement dans l'avenir.

En conclusion, Gaston Bellemare peut se vanter d'avoir été le plus grand promoteur du "off" en s'y attaquant comme un vieux mâle alpha qui craint la destitution. Il peut aussi se pâmer d'avoir jeté sur le festival officiel un voile de snobisme et d'hermétisme qui risque d'en attirer plus d'un au Charlot la semaine prochaine...

Hugo St-Amant Lamy
non poète
Trois-Rivières

 

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Mercredi 17 septembre 2008

On ne peut introduire une réflexion de voyage en Amérique Latine sans débuter par un hommage au légendaire et mythique Che Guevara.
Il incarne la figure parfaite du pur Révolutionnaire: intransigeant devant l'injustice; déterminé, constant et inflexible par rapport à ses idéaux.
J'ai toujours gardé un étroit rapport avec le personnage, depuis mes années d'études à l'université jusqu'à maintenant. Che Guevara est devenu une légende le lendemain même de sa mort, de son meurtre par le pouvoir impérialiste occulte; de son sacrifice à la permanence du message révolutionnaire.
Le pouvoir impérial a cependant trouvé un moyen efficace d'en neutraliser l'impact en récupérant l'image du héros et mettant en oeuvre l'arme du marketing pour en banaliser la pureté, en multiplier des produits de consommation de masse en totale contradiction avec les idéaux de la révolution.
J'ai fait connaissance avec le personnage en lisant son Journal de Bolivie, sa dernière oeuvre; il était déjà malade et souffrant, mais courageux et déterminé jusqu'au bout de ses forces.
Le Che, on le sait, était médecin; il découvre son âme de révolutionnaire en faisant deux voyages en Amérique du Sud alors qu'il termine ses études de médecine à Buenos Aires. Le contact direct avec une extrême pauvreté, la réflexion sur la brutalité du pouvoir et l'analyse du mode de fonctionnement de l'économie capitaliste le conduisent à chercher une voie révolutionnaire qui se matérialisera avec la rencontre de Fidel Castro quelques années plus tard.
Il a écrit deux livres excellents qui racontent ces voyages; on a aussi fait un excellent film sur le sujet. Le Che était un excellent écrivain (je dirais que c'est l'aspect le plus accompli de son oeuvre). Il était un intellectuel de haut niveau; il était aussi un travailleur infatigable.
Il fut la figure la plus accomplie du type d'homme socialiste moderne qu'il avait défini lui-même et qui représentait le modèle idéal de l'Amérique latine en émergence, comme il y a eu un modèle idéal de la Renaissance italienne.
Mes nombreux voyages à Cuba m'ont éloigné pour un temps de la pensée du Che, à cause de l'autoritarisme du pouvoir militaire cubain dont j'ai été témoin; à cause aussi de la répression sévère de ce même pouvoir envers un peuple qu'il voulait libérer au départ; à cause enfin, du bureaucratisme stérile et inefficace dont a toujours fait preuve tout pouvoir communiste.
La période du pouvoir du Che est la moins accompli sur le plan technique, la plus déficiente sur le plan domestique; ses interventions théoriques et ses exemples de travail volontaire ont cependant un impact important, encore davantage ses interventions politiques internationales.
Il comprend d'ailleurs les dangers de sclérose pour la révolution cubaine, se distance de l'alignement de Cuba sur l'URSS et démissionne de son poste à son retour d'Afrique.
Che Guevara comprend la nécessité du processus permanent à l'intérieur de la révolution et décide de poursuivre l'oeuvre en Bolivie. Fidel Castro, lui, fait des choix stratégiques compromettants pour l'avenir de son pays et s'enlise dans le marécage du pouvoir.
Le Che avait une vision globale et mondiale de la révolution; il y voyait un processus dynamique et permanent faisant obstacle à l'injustice. Toutes les révolutions s'enracinent dans l'héritage capital de la Révolution française: Égalité, Fraternité, Solidarité.
On a toujours fait le rapprochement saisissant, avec raison, du corps du Che mort, ligoté et exposé sur une table au regard universel, au célèbre tableau du grand maître italien Mantegna, peint autour de 1500.
Il est vrai que le Che a parcouru un chemin christique: il a vécu et agi dans le but de la rédemption du Monde. Il a porté sa croix dans la jungle de la Bolivie. Le pouvoir impérial capitaliste l'a assassiné, l'a sacrifié.


extrait du blog de Gilles Chalifoux
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Dimanche 7 septembre 2008

Suis allé fumer encore un peu. Etrange nouvelle: il n'y a plus de papillon, il n'y a plus d'araignée, il n'y a plus de poussière. La concierge a balayé ce petit monde aux nombreuses pattes agitées. Si seulement elle pouvait en faire autant pour mes doutes, épousseter soigneusement mes rêves sans en trancher la fibre, écraser tout trace de rébellion, je lui en serais éternellement reconnaissant. Mais elle ne peut rien pour mon mauvais sort et je patauge dans des marais obscurs. Heureusement que cette image d'un univers empli d'insectes me quitte enfin. Cela fera de la place pour les cauchemars de fin d'été, pour les longues routes automnales, pour ce Noël tant attendu.

Le journal de Volodia

La poésie est de la même eau. Un véritable auteur.


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Samedi 6 septembre 2008

Au Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest, il se passe toujours quelque chose...

Un auteur des Carnets expose :
Galerie Jane Huart 17 rue Lafaurie de Monbadon 33000 Bordeaux
Exposition des œuvres de Bernard Privat « Boxes and Faces »
Du 16 septembre au 5 octobre 2008
Vernissage Le 19 septembre à 19 heures
http://www.galeriejanehuart.com

Une librairie où les Carnets se tiennent au chaud :
La petite librairie des champs ouvre ses portes le samedi 27 septembre et le dimanche 28 au moulin Brûlé, à boulbon.
Elle sera associative et placée sous le double signe de la passion et de la poésie.
Passion pour le livre, passion pour la poésie, passion pour ceux qui écrivent, ceux qui publient, ceux qui lisent.
Partager notre goût des livres, des textes et aussi de ceux qui les font vivants, poètes, éditeurs et lecteurs, voilà ce qui nous anime.
Car une maison ne sert pas seulement à habiter, à s'abriter, à dormir et à se tenir au chaud.
Notre désir : que la poésie soit présente, vivante, active, que l'art soit représenté au travers de ses liens avec le livre, que la petite édition trouve dans la petite Librairie un lieu où être accueillie pleinement.
Notre première ouverture sera consacrée à la poésie et à la femme. Plusieurs événements se dérouleront durant ces deux journées : le samedi 27 à 14 heures ouverture de la petite librairie en musique : présentation et ventes de livres,exposition de sculptures d'Irène Athanassakis et vente de livres d'artistes... atelier d'art plastique avec Susanna Lehtinen à 15 heures, enfants et adultes et lecture du Fou d'Elsa d'Aragon par Viviane Théophilidès, le dimanche 28 atelier d'écriture avec Patricia Geffroy de 10 à 13 heures, lecture d'Hélène Sanguinetti à 16 heures. Nous accueillerons quelques éditeurs pour commencer :L'Atelier du Hanneton, Jacques Brémond, Cousumain, l'Atelier des Grames, les éditions Philonar, Rougerie, Dumerchez qui ont accepté avec enthousiasme notre projet. Nous créons une association : Les Amis de la Petite Librairie des champs pour soutenir le projet dont nous voulons qu'il soit un acte de liberté et de fantaisie.
Contact : lapetitelibrairie@gmail.com ou durbec.sylvie@orange.fr
Le Moulin Brûlé 13150 Boulbon France
04 90 43 94 82 ou 06 26 41 70 42

 

 

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Mardi 2 septembre 2008
photo: Stéphanie Bellet

Il m'arrive de ramasser des mots dans cette vieille cabane. Ils brillent quelquefois sur les toiles d'araignée.


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