Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 17:41

Mon Olivine
Ma Ragamuche
je te stoptatalère sur la bouillette mirkifolchette
J’aracramuze ton épaulette
Je crudimalmie ta ripanape
Je te cruscuze
Je te golpède
Ouvre tout grand ton armomacabre
et laisse le jour entrer dans tes migmags
Ô Lunèthophyne
je me penche et te cramuille
Ortie déplépojdèthe
j’agrimanche ta rusplète
Et dans le désert des marquemacons tes seins obèrent
le silence

 

Claude Gauvreau


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Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 15:54

Tristan Cabral. Ce petit bonhomme est un immense poète. L'un des plus puissants et des plus sensibles qu'il m'ait été donné de lire et de connaître. C'est un pitre génial, avec le cœur toujours tapi sous la casquette. Digne héritier des plus grands, tels Marcabru, Villon, Claude le Petit..., il ne dit pas, il n'écrit pas, il crache, il chie, il vomit, il saigne dans les caniveaux de l'humaine médiocrité. Ce petit bonhomme est un géant.

 

Dom Corrieras

 

 

 

Ici, le monde s'écrase au sol !

Les patients gris, vestes en coutil gris, qui jamais ne sortiront, on les appelle les «perdus de vie»...

Ils jardinent, ils lavent, ils aident aux cuisines, ils sont gentils, névros, sismo, schizo, ils ont déjà donné, «sismo, schizo, un deux, trois, sautez, embrassez qui vous voulez !».

C'est ce qu'on chante à la fête, on fait la ronde !

Leurs bras sont trop lourds; ils tournent dans le parc, et ils ramassent des mies de rêve...

D'autres ramassent toutes les feuilles.

Ils savent que les morts savent tout, ils savent que les morts marchent, mais ils ne le disent pas.

Jamais ils ne pleurent, ils ne se plaignent pas...

Parfois leurs corps les quittent, et ils effacent leurs têtes, pour que les infirmiers ne les reconnaissent pas...

Leurs visages sont des rues désertes, et il y a des visages envahis de douceur; ils tournent dans le parc, comme des enfants qu'il ne faut pas réveiller; ils s'assoient sur les bancs, près du bassin malade; ils regardent l'eau muette, ils voient toujours du sang sur les murs de leurs chambres, ils contemplent l'eau muette, pour voir passer la mort...

Certains coupent l'eau en deux pour chercher un bateau !

 

Tristan Cabral  (HDT)

 

Dans le parc de la clinique Rech

Montpellier


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Lundi 16 avril 2012 1 16 /04 /Avr /2012 16:53

J’ai rêvé tant de vies dont tu n’as pas idée
je les ai toutes vécues je les ai toutes senties
j’en porte la trace et le bruit, les nuits
ne suffisent pas pour me remémorer
nul besoin de vivre dépareillé
de vivre loin d’oublier je les retiens
comme d’autres une cage dans la main
J’en ai rêvé tant dont tu n’as pas idée
et parmi toutes ces vies une seule
une seule m’est inconnue
celle-là qui te contient
elle n’est plus mon rêve mais le tien
celle-là même où tu remues

 

Zeio


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 18:20

Vezina.jpg

J'écris et je bois comme je fume : jusqu'à m'en vider l'encre et la substantifique moelle. Jusqu'à m'en tordre le clavier, jusqu'à m'en vider le cul de mots.

 

Michel Vézina 


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 17:27

Je ne t’écris pas, je te lis. Je te lis des passages. Des passages que j’attend encore comme les corps s’attendent les uns les autres, les uns après les autres, pour se transvaser dans une infinie patience. Si les étoiles se versent, fulgurantes et lentes, jusque dans nos corps les époques passent l’une à l’autre à nous laisser perclus mais sachant, usées mais assurés d’avoir avancé jusqu’au plus loin de soi dans la trajectoire ineffable du vivre. Nous avançons dans l’invraisemblable depuis l’instant fécond des astres.

 

Catrine Godin


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 16:38

Puis tous les livres furent numérisés. On cessa de publier des volumes de papier. On brûla la plupart de ceux qui restaient, pour faire de la place. Les autres finirent par tomber en poussière. Alors se produisit le fameux bug.

 

Éric Chevillard 


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 16:22

Il ne faut pas jeter la pierre aux montagnes ni le sable au désert. Dans chaque bonne soupe, il y a un os. Je me méfie des gens trop polis et des agents de police, de ceux qui même nus ne montrent jamais leur cul. Les doigts rebelles aux caresses se transforment en couteaux. Il n’y a pas de bonne façon de faire du profit. Il n’y en a que de pires. Les mauvaises personnes meurent toujours trop tard. Toutes les autres meurent trop tôt. Écrire correctement ne suffit pas. J’aime les métaphores louches, les lapsus, les fautes de frappe. Lorsque j’essaie d’apprivoiser la vie en lui jetant des mots, il arrive qu’elle me crache au visage.

 

Des milliers d’hommes cherchent leurs mots, extraient de l’air les mêmes sons. D’un peuple à l’autre, les langues se mélangent et forment des sagas. Dans la danse de la vie, des milliers d’hommes cherchent leurs pas. Des mains dessinent des caresses. Des bras soulèvent des questions. Un doigt d’enfant s’accroche au radeau d’une paume. Diverses maladies viennent piller nos corps sans altérer l’espoir. Le cœur têtu résonne dans son temple de peau. Émottant le jardin et retournant la terre, les doigts de l’homme ou de la femme sèment du rêve. Des fleurs sauvages poussent parmi les immondices. Des pains se pétrissent dans la pâte à misère. Des enfants jouent dans les décombres. Au-delà des cicatrices et des accès de fièvre, la survie devient vie. Depuis la fente originelle jusqu’à la nuit des temps, l’enfance porte ses bras bien au-delà des manches. Touchez le feu pendant qu’il brûle. Lisez les mots avant qu’ils meurent. Faites l’amour avant la mort. En s’acharnant à lui donner des règles, les hommes tuent la vie. Avant la lettre et l’écriture, l’homme écrivait déjà. Il chantait bien avant la musique. J’ai beau sortir et prendre l’air, une main reste accrochée aux pages d’un cahier. Je ne dors pas vraiment. J’attends le passage des mots comme la bouche de la terre le passage de l’eau.

 

Sensible à tout, à la pluie, au soleil, aux nuages, je laisse le bleu du ciel éclairer mes regards. Je n’écris pas avec un Bic mais un pic, une pelle, une poignée de larmes, une lampe à soudure dans la nuit noire de l’encre, des mots en forme d’homme. Je ne veux pas d’histoires commençant avec la tête. Je veux des phrases finissant par le cœur. Je ne veux pas d’une main ennemie de ses doigts, d’un œil accusant l’autre, d’un tympan faisant la sourde oreille, d’une jambe enfargeant l’autre jambe. Je ne veux pas de rails menant à l’abattoir. Je veux des ronces qui mènent à la fleur, la sève dans les arbres qui monte jusqu’aux fruits. Je ne veux pas de mains qui tiennent le fusil et des doigts pour haïr. Je ne veux pas l’argent qu’on ne peut pas manger mais la soif et la faim qui indiquent la vie. Je ne veux pas la gloire qui mène à la guerre mais la peur qui en sort. Je ne veux pas marcher des latrines à la tombe mais des racines au faîte. Je ne veux pas de portes mais une clef de sol dans le poil des oreilles. Je ne veux pas d’un pont qui enjambe le vide mais un barrage de castors. Une pensée dans la main me sert pour écrire, un rêve dans la tête pour y poser la phrase. J’écris souvent couché avec des mots debout. Je parle de tout avec des mots de rien. Je couche avec la mort mais m’éveille à la vie. Dans l’atelier verbal, il faut huiler parfois la mécanique des mots, rouler les r, vidanger le cerveau, nettoyer les scories. Je partirai de l’homme pour aller jusqu’à l’âme. Je partirai du cœur. Ce sont les caresses qui rassemblent les mains. Nos pas qui font la danse. Déplacer quelques mots suffit parfois pour vivre.


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 16:19

 

 

Allain

La lun' se saigne aux quatre veines,
Ivry la rouge devient bleue,
Mont Saint-Aignan remont' la Seine
En terre où l' sommeil fait c' qu'il peut.
Ces carreaux posés sur le nez,
Mâchant ses mots jusqu'à point d'heure,
Allain se leste de papier
Pour mieux nous allumer le cœur.

Sa gitan' se met à danser,
Faisant des ronds dans l'eau du soir,
Là où le jour vient s'oublier
Entre l'abîme et le comptoir
D'une nuit qui se boit cul sec,
Pour quelques mots qu'il nous allonge,
Sachant qu'il faudra faire avec
Quand d'autres vont jeter l'éponge.

Allain, Allain,
Maître chanteur au pays des mots.
Allain, Allain,
Maître oiseleur au pays des plumeaux.

Allain comm' ça n' se prononc' pas
Sous la plum' de l'état civil
Où l'orthograph' marque le pas
Pour un clin d'œil qui met dans l' mille.
Deux « l » pour un oiseau bancal
Lissant les pans de sa chemise
Entre le bec de ses doigts pâles,
Qu'il fera chanter à sa guise.

Voyez-le grimper sur les planches,
Comm' d'autres vont à l'échafaud,
Est-ce vraiment sa gueul' qui penche
Ou jeu de scène ? On n' sait plus trop.
Et voici ses mains qui s'envolent
Pour mieux combattre ses démons,
Et tout son corps prend la parole :
Homme et chanteur à l'unisson.

Allain, Allain,
Maître chanteur au pays des mots.
Allain, Allain,
Maître oiseleur au pays des plumeaux.

C'est peut-être un peintre manqué,
Et good bye monsieur Ripolin.
Mais pour les mots qu'il fait chanter,
C'est du garanti cousu main.
Allain c'est un gamin tombé
Dans son potage au vermicelle,
Avec l'alphabet pour jongler
Il vous en fera voir de belles.

Loin des poèt's qu'on traîne en laisse
Pour quelques rimes de bazar,
Des « pros'-toujours-tu-m'intéresses »
De la vitrine des beaux arts,
L'encre jetée par les fenêtres,
Ce que l'on prend, ce qu'il en reste,
En verve et contre tout peut-être,
Bien le bonjour monsieur Leprest.

                                                                                              

                                                                                         Philippe Thivet


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 16:10

Regarde, ils ont mis leur cœur sous chasse comme un souvenir. Un objet désuet que l'on montre encore aux enfants sans savoir pourquoi. Relique, battement ancien, ils essaient d'oublier l'urgence réelle d'une nécessité dont il ne savent plus que confusément le paradigme. Ils en parlent parfois, comme des dinosaures ou des premiers feux, ces choses d'un passé lointain. Ils ont la connaissance, le fonctionnement, ils ont perdu le sens vital. Ils sont à leurs petites existences, leurs profits, leurs écrans, toutes ces choses dont ils ne s'extraient plus. Ils ne jouent pas à la froideur, ils sont froids. Quelquefois, un oiseau venu mourir dans leur jardin conditionné, remue quelque chose en eux. Ils ne savent plus ce que c'est. Ils ouvrent la main pour le prendre. C'est terrible d'ouvrir la main pour prendre.  Regarde, le coeur est au musée, bientôt on y ajoutera la nature, puis la vie.


Ile Eniger


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Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 15:09

 

 

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                                                  photo: David Fauci


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D'un mot l'autre

À paraître bientôt

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J'écris avec la terre, Éditions Chemins de Plume, Nice, 2012

 

La matière du monde, Éditions Trois-Pistoles, Trois-Pistoles, 2012

Information

À voir et à entendre

Parutions

 


Éditions Trois-Pistoles
La langue est mon pays, Trois-Pistoles, 2010
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Éditions d'art Le Sabord
Un feu me hante, 2009, Trois-Rivières
avec des illustrations de Lino

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Prix Voix nouvelle au Salon du livre de Trois-Rivières 2010
Éditions Chemins de plume
     
L'Autre versant, 2006, Nice




















 
Parce que, 2007, Nice













Manquablement, 2009, Nice















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