Tu mélanges tes larmes avec mes sourires. Nous partageons l'amer et le doux, la mer et le redoux, le salé et le sucré, le vinaigre et le miel. Nous partageons la même pomme dans une unique bouche. Nous sommes si unis. Mon ombre a pris ta silhouette et ton ombre la mienne. Nos pas se moulent au même rythme. La même ligne d'horizon traverse nos regards. Nos différences nous rapprochent.
La nuit, si je ne rêvais pas de toi, où donc pourrais-je te rencontrer ? Je m'éveille en sursaut lorsque la lune pleure. Je la rendors d'un baiser qui traverse l'espace. Lorsque le vent remue, ta robe glisse dans mon lit. Il y a toujours en moi quelque chose de toi. Il y a toujours en nous la concordance du cœur. Mes veines se conjuguent à ton sang. Je te laisse le jaune quand il n'y a qu'un œuf. Tu me donnes tes lèvres quand il n'y a qu'un verre. Je ne dors plus jamais. Je veille et je t'attends. J'écris mille fois je t'aime sur la portée du vent. Je laisse les oiseaux t'apporter mon aubade.
Je voudrais tant effacer tes douleurs, guérir tes blessures, apaiser tes angoisses. À la recherche de qui je suis, j'ai croisé qui nous sommes. Ta présence avive la flamme de ma vie. La soif se fait source et la faim nourriture. Quand je te touche, mes yeux s'ouvrent plus loin. Mes mains apprennent la caresse. Tu es belle comme une main qui s'ouvre, une flamme qui s'allume, une fleur qui éclot. Tu es une lampe en moi. Je ne laisserai jamais s'éteindre sa lumière, quitte à faire du feu avec la neige. Ton âme nue comme une main touche la mienne. Ton visage en corolle embaume mes pupilles. Tes seins de fraises gourmandent mes papilles. Ta présence me rassure. Je suis encore vivant.
Il ne m'est de toi que l'amour. Tu en portes la vie plus nécessaire que le pain. J'ai tes yeux dans mon cœur pour traverser la nuit. J'ai tes caresses dans les mains pour réchauffer l'hiver. J'ai tes pas dans les miens pour aller jusqu'au bout. Je dors dans ton sommeil et rêve dans ton rêve. Siloindetoi est un pays que je n'habite plus. J'ai pris demeure dans ton souffle. Quand je dis tout, je pense à toi. Quand je dis tu, je pense à nous et je me tais pour écouter nos prénoms s'enlacer. Nos larmes emmêlées finissent par sourire. Nos gestes partagés agrandissent le cœur. Les lignes de ta vie transforment mon profil. Je te touche toujours pour la première fois.
Ma bouche tendue au fruit a trouvé ta saveur. Au travers de nos corps, la sève continue. Chaque goutte de plaisir, chaque lueur de courage nous mènent à l'infini. La porte s'est ouverte. Tu es la main du jour sur une poignée de nuit. Tes beaux doigts d'amoureuse ont tissé sur l'abîme une toile d'amour. À chaque pulsation, mon cœur t'appartient. Devant l'espoir qu'il faut vivre, nul désert n'est assez vaste pour nous séparer.
Mes bras forment un collier entourant tes épaules. Avant de te connaître, je mordais tous les fruits sans rassasier ma faim. Tu as fait de ma soif une source nouvelle, d'une question de rien une réponse à tout. Tu as fait de ma vie un peu plus que la vie, le dessin d'une feuille qui remonte dans l'arbre, le destin d'un caillou qui enjambe la pente. Je ne demande plus la raison d'être né, c'était pour te connaître. Tu portes une rivière dont chaque vague m'emporte. Ta présence défie le vide et me désigne ici ma place de vivant.
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