Laissez les fleurs aux abeilles
et leurs mots aux poètes.
Je n’ai rien à offrir
qu’une route en papier
semée de cailloux d’encre,
des étincelles de vie
dans un silence de mort,
la lumière des lèvres
dans le vent des poussières,
votre visage dans mes yeux,
votre voyage dans mes pas,
votre douleur dans mes mots,
la tendresse des gueux
face à la nuit des banques
et l’eau de la rosée
dans le nid du matin.
J’ai sué pour écrire
mais j’ai souri pour vivre.
Les jours ont pris pour moi
la couleur des mots.
Je me nourris de chant
par les yeux des images.
Je vous laisse ma parole.
C’est tout ce que j’ai
pour panser les blessures.
Laissez les arbres aux oiseaux,
l’éternité aux éphémères
et leurs rêves aux enfants.
Ne traînez plus ma voix
au banc des accusés
le ciel pourrait se taire.
Laissez s’ouvrir le monde
aux richesses invisibles.
D'un mot l'autre