Mercredi 1 mars 2006

Ce que je raconte, ce n'est pas la vraie vérité comme on dit. Mais enfin, votre vérité à vous, vous voyez ça par le dehors, vous regardez ce qui se passe et puis vous copiez. Moi, c'est une vérité du dedans, je la fais dans mon for intérieur comme un enfant. Ce n'est pas un mannequin, ça, c'est de la vie.

Norge

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Dimanche 26 février 2006

Je retrouve mes larmes comme mes propres enfants, le plus fragile de moi-même ne m'effraie plus, au contraire, je me laisse envahir, et la pluie, au-dedans comme au-dehors, lave ce que je ne sais ni de moi ni du monde, et qui me brûlait le coeur.

Il ne faut pas s'accrocher aux morts, il faut les laisser s'envoler.

Le ciel est hésitant. Il n'a pas réglé tous ses comptes avec la lumière.

C’est peu de chose un regard mais le monde y tient.

Dominique Sampiero

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Samedi 18 février 2006

Écrire est une tâche profondément circonspecte, fervemment intime, quasiment furtive. Peut-être devrait-on se cacher pour écrire.

Un jour les oiseaux finiront, mais il restera toujours un épouvantail. Peut-être un vol restera aussi.

La poésie est un sable si sensible qu'il enregistre l'âge de notre ombre.

afin de saisir vraiment une chose, il faudrait y déboucher de tous les côtés à la fois.

L'unique rédemption du parcours est de ne pas arriver.

Pour trouver un paradis, il faut avoir été expulsé d'un autre paradis. En revanche, pour rencontrer un enfer, aucun préalable n'est requis.

Roberto Juarroz

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Jeudi 16 février 2006

Un poète est l'inverse d'un joueur d'échecs. Non seulement il ne voit pas les pièces et l'échiquier, mais il ne voit pas sa propre main.

Marina Tsvetaieva

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Mardi 14 février 2006

à propos d'Ile Eniger:

Il faut ouvrir le livre d'Ile un après-midi d'été, à l'instant où tous les clochers de Provence sonnent trois heures; pendant que les chats dorment sous les lauriers roses et que la campagne brûle d'Avignon jusqu'à Nice. L'ouvrir dans une chambre, volets tirés, comme pour une sieste ou l'amour. Sentir sous les doigts l'odeur, le grain, la peau de ce papier et voir se dresser ces silhouettes noires dans la touffeur immobile que déchire le cri des martinets. L'ouvrir au hasard, entre la canicule blanche et l'eau bleue d'un miroir; écouter une enfant de sept ans penser à sa mère, à toutes nos mamans qui sentaient bon, qui étaient belles, portaient de jolies robes d'été et chantaient le dimanche, avec des ongles roses. Puis suivre cette enfant dans les yeux des chats, les baies sauvages, les cerises, le thé brûlant. Tourner les pages et regarder grandir cette femme, nue, feu, colline, valse... La regarder venir depuis les Terres Rouges dans es longues robes de brume, de lumière et de nuit.

René Frégni

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autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008





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