on ne pourra jamais refluer la démesure du temps,
s'y encastrer pour s'en défaire,
il n'y aura,
ma trop douce ou ma trop brune,
ni bleu, ni, rêve, ni intermède,
les mers qui nous séparent ont trop longtemps énoncé l'exil et l'amertume,
on aura beau brûler les vents des minuits
ou consteller de diamants les antres du désert,
on aura beau épouvanter les larmes du soleil ou désenfouir ces visages amputées de toutes les attentes,
on ne cessera pour autant la mélancolie du vide,
des rides,
on ne cessera tout ce qui fuit et qu'on ne peut rattraper,
tout ce qui n'a jamais été et ne peut être,
on ne cessera,
ma trop douce ou ma trop
brune,
les floraisons du mal,
la cruauté ordinaire,
les mains ornées de terreur et de sang,
on ne cessera les frontières qui pullulent les cauchemars de ceux qui croient tout savoir, tout posséder,
on ne cessera ces pactes qui ordonnent la frénésie de la matière,
on ne cessera la fosse inépuisable de la haine,
il n'y aura,
ma trop douce ou ma trop brune,
je le sais maintenant,
que la présence dans l'instant,
nul lieu où fuir,
aucune audace n'inscrira le réenchantement,
aucun baptême ne dira le bonheur
et on ne se recueillera que dans le jaillissement de la mort,
nos souffles mêlés,
enfin réconciliés,
cordages qui braseront d'étincelles
nos corps déportés aux extrémités de ce monde devenu
crucifix
et Tu es belle
Umar Timol Ile Maurice
D'un mot l'autre