Il faudrait une serpillière
immense
pour éponger tout ce brouillard
Les gens d'ici
sont comme des corbeaux
plantés sur des poteaux de clôture
au beau milieu d'une vallée sans bord
Je ne sais pas où ça nous mènera
mais ce n'est pas moi qui t'apprendrai
que les routes
sont toujours les dernières
à savoir
où elles mènent
Thomas Vinau
Vendredi 14 décembre 2007
Je te parle du vent, de la menthe qui pousse, de l'immense gris au dessus de nos têtes. Je te parle des ronces sous la pluie, des jours qui nous dépassent,
des absents. je te parle des poussières, des orages, du temps qui dégouline au fond du puits. Je te parle de la perte. Je te parle des miettes, des instants bienveillants, des cadeaux minuscules,
des cailloux dans la boue, des fourmis qui veulent vaincre. Je te parle du vide, des matins où tu rampes, de la peur des enfants. Je te parle de ce que je vois pour dire ce que je ne vois pas. Je
te parle du trou, du vertige de la chute, du repos sur le bord. Je te parle de cette façon de vivre comme les plantes en courant après la lumière. Je te parle des cendres, de ce que nous goûtons,
de ce que nous perdons, des arrière-goûts, des espérances, des découvertes. Je te parle de mes rêves, de ce qui nous déploie, de ce qui nous recroqueville, de la disparition. Je te parle de nous,
de ce que nous sommes, de ce qu'il nous reste.
Thomas Vinau
Dimanche 25 novembre 2007
Le vide est tout ce que je possède
quand il n’y aura plus rien à soutirer au ciel
à la nuit
à la peur
quand je n’aurai plus soif des ombres et des arbres
quand je ne verrai plus trouble les formes de mes forces
quand je marcherai droit
qu’est ce qu’il me restera ?
Mouvement perpétuel
Attendre le changement
et le changement ne vient pas
et s’en accommoder
et changer tout de même...
Thomas Vinau
etc-iste.blogspot.com/
l'haleine chargée de kir royal
ils parlent de la dimension heideggerienne
de l'amitié entre René Char et Albert Camus
et me prend l'envie de roter
en hommage aux grands poètes
Thomas Vinau
Les mots se cachent dans l'herbe sale
escaladent les feuilles abîmées
du monde qui n'a pas de nom
les mots vivent au bord des grouillances
dans l'humide et le ridicule
ils rampent pour avancer
tout contre l'ombre
Thomas Vinau
D'un mot l'autre