Victor Serge

Publié le par la freniere

Victor Serge

"Les existences individuelles ne m'intéressaient - en commençant par la mienne- qu'en fonction de la grande vie collective dont nous ne sommes que des parcelles plus ou moins douées de conscience."

 Victor Serge, In "Mémoire d'un révolutionnaire, 1901-1941"

 

"Exilé politique de naissance, j'ai connu les avantages réels et les lourds inconvénients du déracinement. Il élargit la vision du monde et la connaissance des hommes ; il dissipe les brouillards des conformismes et des particularismes étouffants ; il préserve d'une suffisance patriotique qui n'est en vérité que médiocre contentement de soi-même ; mais il constitue dans la lutte pour l'existence un handicap plus que sérieux. J'ai vu naître la grande catégorie des "apatrides", c'est-à-dire des hommes auxquels les tyrannies refusent jusqu'à la nationalité. Quant au droit de vivre, la situation des apatrides, qui sont en réalité les hommes les plus attachés à leurs patries et à la patrie humaine, ne se peut comparer qu'à celle de l'homme "sans aveu" du Moyen Âge qui, n'ayant ni maître ni suzerain, n'avait ni droit ni défense, et dont le seul nom est devenu une sorte d'insulte." 

Victor Serge, In "Mémoire d'un révolutionnaire, 1901-1941"

 

«En faisant les papiers pour l’inhumation, au moment d’indiquer la nationalité, j’ai mis “apatride”. Ce qu’il était. Le directeur de l’entreprise funéraire s’est mis à crier qu’on ne pouvait l’enterrer s’il n’avait pas de nationalité. Comment, lui, allait-il enterrer un sans-patrie? J’ai demandé à Vlady. “Quelle nationalité aurait choisi ton père, s’il avait pu choisir?” ”L’espagnole”, me dit-il avec certitude. L’écrivain russo-belgo-français est enterré au Mexique dans le cimetière français avec la nationalité espagnole.»

Témoignage de Julián Gorkin, ami de Victor Serge


 

Victor Serge, de son vrai nom Viktor Lvovitch Kibaltchiche (В.Л. Кибальчич) était un révolutionnaire russe et écrivain francophone, né en Belgique d’un père ancien officier russe (converti au socialisme) et d’une mère issue de la noblesse polonaise, émigres politiques.

 

Après quelques errances durant son adolescence, il milita au sein des milieux anarchistes belges, français et espagnols. En France, il travailla comme imprimeur pour les anarchistes et employa un homme nommé Valentin qui défraya la chronique comme membre actif de la bande à BONNOT. Les frasques de Valentin coûtèrent (injustement) quelques années de prison à Victor Serge.

 

Il rejoint l’URSS en 1918 et devint un membre actif de la IIIème Internationale. Cette activité lui vaudra d’être déporté en Sibérie pour avoir lutté contre Staline qui semble leur confisquer la Révolution. Naturalisé citoyen soviétique, Victor Serge va passer dix-sept ans en Russie.

 

Libéré en 1936, il séjourne en Belgique et en France avant de fuir au Mexique en 1940. Pendant sept ans il continue l’écriture des ses derniers romans et ses mémoires et vit pauvrement.

 

Il sera persécuté par la GUEPEOU (Police politique soviétique) jusqu’à sa mort en 1947.

 

Il fut l’ami de Trotski et côtoya des hommes comme Boukharine, Zinoviev et Staline.

 

 

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Publié dans Les marcheurs de rêve

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