Paris, mon beau Paris

Publié le par la freniere

Je suis un homme floué.
La mort, la maladie, ont sonné à ma porte.
Je sens leur impatience et, très souvent, je la comprends.
Je leur demande encore un petit, un peu, un petit peu de temps si précieux. Non pas pour faire l'âne devant les doctes assemblées.
Mais afin de mieux comprendre ce qui m'échappe encore:
Le sens de la vie, la place exacte que prend le sexe dans cette aventure minimaliste.
Je ne suis pas membre d'une confrérie d'orgueilleux.
Mais je sais ce que sont exactement les livres que j'écris.
Malgré tout, je suis cet homme que la vie a floué.

Paris, mon beau Paris, il faudra bien qu'un jour l'homme en noir descende en gare du Nord, s'arrête Au rendez-vous des Belges, mette une croix face à mon nom sur son carnet douteux.

Paris, mon beau Paris, vous serez mon témoin.
Je vous ai aimé et si j'ai passé tant de nuits dans tant de capitales, c'était !
Les mots se doivent d'être justes.
C'était !
Pour le goût des rencontres peut-être.
Un détaIl baroque sur la Place d'Armes.
La découverte d'un pont suspendu.

Paris, mon beau Paris, je m'adresse à vous dans l'urgence.
Voyez, je suis fatigué.
A la violence de la maladie s'ajoute désormais celle de la médecine.
Faites, s'il vous plaît, en une nuit, exploser tous les Services de Neurologie de vos
hôpitaux.
J'y gagnerai du répit, faites-le, c'est en votre pouvoir!

Je suis cet homme qui se sent floué et tape du poing sur les portes à s'en briser les phalanges.

Frank Venaille

Publié dans Poésie du monde

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