Une bougie

Publié le par la freniere

Maintenant c'est l'hiver. Maintenant il n'y a plus de jardin. Dans la nuit, elle écrit à la lueur d'une bougie. Seule avec cette lumière vacillante. Toutes les maisons ont été embellies, traversées, quittées. Reste l'initiale grotte et la pluie qui tambourine. C'est de là qu'elle écrit, du lieu qui ne se bat plus, qui ne cherche plus d'écho ni d'espoir. Maintenant elle est grande, plus grande que les leurres. C'est difficile. Les mots s'enchevètrent comme ils peuvent. Chaque mot est seul. Dehors est cruel, indifférent jusque dans ses emballements. Le silence des ratures charge le texte. Des ailes vibrent sans marge d'envol. Pattes d'oiseaux sur la neige, graffitis, traces vivantes et muettes. Tout s'éloigne. C'est un courage ordinaire.

Ile Eniger

 

Publié dans Ile Eniger

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