Si vaste d'être seul

Publié le par la freniere


«Fais-toi une arche en bois de Gopher»

(Génèse. 6.v I.4 )


Si vaste d’être seul, j’ai toujours aimé les cendres.
Surtout les cendres de la Nuit. Et surtout quand la nuit
est partout !

Écoutez-moi : je suis né au couteau sous des cendres
De loups !
Exilé dans le miroir d’un mort, comme si un inconnu
Marchait à mes côtés.

Privé de visage, je n’ai jamais pleuré. Si j’avais eu un père,
J’aurais eu un visage.
Loin du Grand Jardin, les roses tombaient.
D’épuisement en épuisement. Je voulais toujours
M’enfermer dans les arbres.

Ils savaient le mystère de l’eau mais l’eau que je suivais était écorchée vive.

Je ne pouvais pas boire.
Sur la Montagne sainte, je n’ai pas vu de dieu, même pas de dos !
MON NOM était IMPRONONÇABLE…
J’avais une chair obscure. À l’entaille des eaux, je rêvais à bout portant.
Je rêvais d’armes.
Des bêtes saignaient derrière mes yeux.
À genoux dans les heures, j’avançais en silence, à pas de mort.
Les eaux m’abandonnaient à chaque démesure.
Si vaste d’être seul, je n’ai pas pris ton Arche.


 

Sur une croix de bois
rejetée par la mer

On peut lire en trois langues :
en arménien, en hébreu et en grec

«SI VASTE D’ÊTRE SEUL…….. !»

Tristan Cabral

 

 

Publié dans Tristan Cabral

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