Le trente et un octobre

Publié le par la freniere

C’était le trente et un octobre, ma mère déballait nos vêtements les comparant à nos ombres pour s’assurer que nous avions grandi avec le grenadier

Mon frère séminariste avait la taille de sa chasuble, ses genoux fondaient de ferveur devant le crucifié

ma petite sœur cédait ses jupes au laurier

C’était bien le trente et un octobre, veille de la Toussaint, les bienheureux récupéraient leur auréole aux portes des cimetières

Une journée gavée d’encens et de regrets, la voix de mon frère, celle de l’automne muaient.

Vénus Khoury-Gata

Publié dans Poésie du monde

Commenter cet article