Bucolique

Publié le par la freniere

Me voici néant tu m’attendais
depuis avant ma naissance oui
je te reconnais à ta figure vide
nous ne dirons rien le vent nu
nous précède sur le chemin de campagne
nous n’irons pas loin le vent
finit toujours par tomber on l’oublie
et le silence n’est-ce pas est une violence
qui ne fait pas de bruit demain
n’existe plus mort on s’en lave les mains
voici la colline aux corneilles
et des ormes qui persistent et des champs
toute une douceur d’horizon à l’abri
de la bêtise mais le moment est venu
de se dissoudre dans la buée du soir
néant ferme-moi les yeux je te prie
et laisse-moi debout piquet de clôture
ici où ne passe personne ni le temps
et va sans crainte plus rien en ce monde
n’a de sens hormis à mes pieds
une touffe de fougère qui a besoin d’ombre
la mienne pour vivre pourquoi pas


Jacques Brault

Publié dans Poésie du monde

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