Comme un feu parmi les brandes

Publié le par la freniere

J’aperçois le semblable
à l’horizon des mots
pour dire ce que l’on ne sait dire

 

J’aperçois la Bovary
qui comparaît au tribunal du temps
pour son livre immoral sur Gustave Flaubert

 

J’aperçois les runes
murmurant leurs secrets
fuþakgwhni
jïpzstbemlŋdo

 

J’aperçois les Alpilles assises sur la Crau
Le complexe de Fos et ses fumées rouges
Les moules qui naissent dans le chenal
Reliant Notre Mer à l’étang de Berre

 

J’aperçois mes bâtons
Qui parlent à la plage
À l’encre qui bavarde
Avec la lune fiancée

 

J’aperçois l’Esprit de Rabelais
Et l’Amour des livres
Comme est le feu parmi les brandes
Et sapience qui n’entre en âme mali vole

 

Et j’ouvre ma fenêtre
Comme une orange
Ce beau fruit de lumière

 

Et comme ce poème qui n’est pas sur la page
mais dans la seule conscience d’un lecteur
mon semblable ma sœur

 

Jean-Jacques Dorio

 

 

Publié dans Poésie du monde

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