Marie Savard

Publié le par la freniere

La blonde du chômeur

 

1

Bonjour mon beau comment ça va

t'es-tu trouvé une job pour vrai

ta femme est en maudit cont'toi

tu t'es pacté encore une fois

tu viens toujours me voir comme ça

moi pis ta mère on s'comprendrait

tu viens toujours quand ça s'peut pas

le soir de Noël t'es pas là

 

2

Ben oui rent' donc pis ôte tes bottes

moi pis ta mère on s'comprend donc

vas-tu ben arrêter d'comprendre

tout c'que tu penses que tu comprends

pendant c'temps-là quand t'as une job

tu t'fais engueuler en anglais

tu t'fais r'garder en signes de piastre

par tes mais pis par ta femme

 

3

Bonjour mon beau que c'est qu'y a

c'est pas ta femme c'est pas ta job

tu voudrais coucher avec moi

y fallait donc l'dire en entrant

tu m'fais penser à monsieur le maire

aux députés pis aux ministres

t'as l'air de faire un mauvais coup

quand j'te fais penser à ta mère

 

4

Ça fait ben des centaines d'années

qu'les parlements pis les ministres

y sont payés par des vendus

qui veulent qu'on s'bataille entre nous

arrêtez donc d'vous chicaner

ça fait trop l'affaire d'la finance

d'la Corporation du Pouvoir

qui fait du foin avec not' peau

 

5

J'pourrais être la femme d'un docteur

d'un syndicat ou d'une police

j'pourrais être la fille de son père

moi j'chu la blonde d'un chômeur

bonsoir Pitou quand tu r'viendras

tu laiss'ras leurs habits dehors

t'auras pu honte de tes combines

tu viendras m'voir en Québécois

 

Marie Savard

 

Publié dans Poésie à écouter

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