Paysage écrit

Publié le par la freniere

C'est pris dans un autre décor - avec vue sur les toits - , au cinquiéme étage d'un immeuble donnant sur une rue plus ou moins animée, que j'essaie d'assembler ces lignes, de les frotter, de leur donner un semblant d'assise. Ici aussi, il y a baie et transparence. C'est d'ailleurs à travers elles que je scrute, devinant une vague ligne d'horizon derrière les tours.Au loin, le ruban bitumé qui se perd au milieu des champs de colza doit descendre, via Nantes et quelques lignes portuaires, en zigzag jusqu'au golfe de Gascogne. Le soir, quand j'ai envie de voyager gratis et de me mettre un peu d'écume aux lèvres, je me lance dans des raccourcis de ce genre. Façon fragile de toucher la mer en quelques secondes. De capter un roulis, un bruit de fond, une gueulante larvée, des lames effilées, des couteaux jaunes (phares ou balises) capables de cisailler la noirceur du dehors en un clin d'oeil. A chaque fois les colères, les tourments, les spirales d'émotions à l'oeuvre chez Georges affleurent. Tout est tendu. En prise directe avec les éléments et les tripes... je m'en vais chercher des mots tournant autour du même bois. Et oublier, un temps, le hameau, ses morts, sa mémoire (tout ce qui m'absorbe depuis des années) pour enfin vous retrouver.

 

Jacques Josse

Publié dans Poésie du monde

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