Pour qu'on entende quelque chose

Publié le par la freniere

pour mon père décédé il y a peu

 

Consumée par le feu,
mise dans de petites urnes,
enfouie dans la terre,
mordue par la gelée
comme des raves oubliées,
la vie est une histoire pitoyable
vite racontée.
Mais quiconque n'est pas aguerri
s'émeut.
Celui qui a encore des larmes
les laisse couler.
Et celui pour qui les larmes ne suffisent pas,
celui-là fabrique un phénix
avec des plumes de poule, de la colle et du fil de fer
et lui introduit dans le gosier le mot «éternel»
pour qu'au moins on entende quelque chose
sur les champs immenses et muets.

 

Werner Aspenström


glané sur la page Facebook de Guy Marchamps

 

Publié dans Poésie du monde

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article