Tu te dis

Publié le par la freniere

Probablement nos vies ont un sens jusque dans les erreurs, les acceptations, les écueils. Je crois cependant que c’est terriblement difficile. Veillir (c’est à dire grandir), c’est toucher à l’acuité d’un réel occulté par diverses illusions dont on s’aperçoit qu’elles sont illusions seulement après les avoir traversées. Reste alors un vivant décapé, inconfortable, qui oblige à ne plus vivre d’ersatz mais de la seule réalité. Une goutte d'hiver est tombée sur un jour de chien seul. Tu vois l'éclair de faux luisante sur les épaules des blés. Tu entends la chamade dans les battement du sang. Tu sais le gris des villes découpant la beauté. Tu es l'enfant de rentrée des classes, assis sur son cartable, à une encablure de l'école. Tu te dis qu'il va falloir, quand même, faire de la joie avec tout ça. Un sacré défi. 

 

 Ile Eniger

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