Gregory Corso

Publié le par la freniere

Gregory Corso

Gregory Corso


Il posait sa vieille mâchoire Uccello sur les genoux de la mort
Son sourire édenté au terminus Greyhound
Sa langue folle sur le lit de fer égyptien
Et son esprit s’envolait

Il réclamait du vin
Il braillait
Il écarquillait les yeux
Il sonnait à la porte de la Beauté au milieu de la nuit
Et c’était le bel aujourd’hui

Il allumait des bougies
Il se dépouillait de ses vêtements
Il se querellait avec des poètes prophétiques dans sa mansarde
Sous les toits de l’hôtel sans nom
Et la vraie vie était présente

C’était à Paris Gît-le-Cœur
Il rêvait de New York Bleecker Street
Sa jeunesse de prison
Ses nuits de beuverie
Son hurlement entêté parmi les loups essoufflés du Lower East Side

Il tenait les rois sauvages de Manhattan entre ses doigts
Il avalait des poignées de pilules
Il faisait des bonds effarés dans le cœur mourant de Shelley
Et c’était un beau jour pour mourir.


Minneapolis
Ailes fumantes parmi les nuages de foudre
Le dernier gangster de la route éternelle a dit adieu au soleil
Et aux myriades de bombes.

 

Bruno Sourdin

 

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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