Saturation

Publié le par la freniere

J'ai écouté, hier soir une émission littéraire, qu'en principe pourtant j'apprécie ! Un cénacle de femmes auteurs n’y échappait pas à l’humeur littéraire ambiante faite de snobisme et de ronds de langage. On était loin des grandes figures féminines de l’écrit ! Les écritures présentées surfaient tellement sur l'intellectualisme que ça en devenait pathétique.

 

Écrire et en parler s’inscrit maintenant, comme l’avancée technologique, dans une fumisterie dangereuse, ostentatoire et vide, qui se racine dans l’esbroufe, l’apprentissage sorcier, la représentation, et un mentalisme froid et élitiste. Sans doute, ailleurs, doit-il rester de vrais écrivants, mais où ? Certainement pas dans la sphère de l’intelligentsia actuelle.

 

On rêve d’entendre la simplicité superbe d'une Maria Borrely, l'humaniste juste d'une Nancy Huston ou d'une Tony Morrison, l'intelligence d'une Emily Dickinson, bref des gens qui sont autre chose que des clones de la pensée des mouvements actuels.

 

Il y a quelque chose de concentrationnaire dans l’expression de ces voix qui se moulent sur un paraître politiquement correct qui veut nous porter à croire que l’institution de la pensée ou de la langue dans l’air du temps doit éliminer la foi profonde du charbonnier et le travail d'humilité de l'écrivain.

 

A dire vrai, je ne supporte même plus les maisons d’éditions qui, pour la plupart et surtout celles dites 'grandes', ont un fonctionnement qui ne se fonde plus sur l'art mais sur le commerce et les copinages dont peu importent les formes. Si on y ajoute l’immense fumisterie des réseaux sociaux, on en arrive à une forme de vie et d'expression minables, corrompues, étroites et invivables, la pensée unique n'est pas loin !

 

Faudra-t-il que ceux qui veulent résister aux régimes délétères ambiants aillent vivre dans les montagnes loin et haut pour échapper à la folie des paraître et des manipulations ? Peut-être !

 

Ile Eniger

 

Publié dans Ile Eniger

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