Le gel

Publié le par la freniere

Coupé du ciel, des racines, de l'espoir, le passage aura-t-il été inférieur ? L'osmose, les traverses, la souffrance, la paix, la direction, pourquoi, comment, où ? Et que devient l'amour quand la matière meurt ? Un quant à soi opaque resserre les murs. Temps mal ajusté qui plombe l'instant et finit en eau. Quelque part, un jardin, sa patience, l'attention d'un chien jaune, les jours où l'on chuchote pour ne rien déranger, une virevolte de neige sur les crevasses d'hiver, des baies rouges pour le lièvre blanc, la rivière suspendue en brisures, la voix du clocher à l'oreille du paysage, un rêve d'ange dans une aile d'oiseau, les brimborions festifs des vieilles vignes. Quand le gel embrasse le ruisseau sur la bouche et que se tait le cri, revient en mémoire une géodésie des sèves plus sûre que les chemins d'homme.

 

Ile Eniger

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