Le tenon mortaise

Publié le par la freniere

Je me suis réveillé avec un goût de bran de scie. 
Je vis dans un coffre-à-outils, dans ma menuiserie dormante, je déboule les escaliers, ma démarche est chambranlante, je divague entre les portes et les croisées, je me fabriques des boiseries, je broute dans ma stalle et je m'installe sur ma corniche pour observer la venue du jour...
Dans ma vie contractuelle, je suis un menuisier mobile, travailleur itinérant, je construis des jalousies, des volets culture
ls, des persiennes et des portes pour les indiscrétions..
La menuiserie de place publique occupe une place importante dans ma vie, avec le bâtonnier bien assis sur son trône et ses commettants sur des chaises, les habitués sur leurs tabourets et les invités sur leurs lits de sangle et autres lits...
Le domaine de l'ébénisterie avec le bois dur et la construction des salles de billard reste un domaine où les artisans sont accompagnés, c'est le cas de le dire, par les compagnons, où l'on sépare le pain et où on construit des cathédrales, dans notre vie de bars où nous avons inventé toutes les utopies...
La menuiserie de jardin fait de la construction des treillis, un art que je laisse à ma soeur Lili...
La théorie des menuisiers se repose sur le crayon à l'oreille et sur la ceinture où le marteau, l'équerre et les tournevis sont rapidement dégainés, la ligne de craie et le niveau sont ses armes, le bras armé de l'art du trait et de l'art du toiseur sont ses cartes de visite...
Je poursuis ma route dans les ogives et les arc-boutants...

 

Alain-Arthur Painchaud a du bouleau sur la planche...

Publié dans Poésie du monde

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