Avant la mort

Publié le par la freniere

Au loin il y avait la poésie
ses mirages et ses mots
ses arbalètes solaires ses nuits d'amour
il y avait un homme et une femme
s'enlaçant comme vigne et jasmin
le verbe s'embrasant
tel une forêt de pins en été
il y avait un chemin déroutant
et une falaise où nidifiaient des éperviers
dont les cris déchiraient les étendards du vent
il y avait une rivière
et son haut décolleté de rochers blancs
ses colliers de libellules noires bleues rouges vertes ou jaunes
il fallait la traverser à gué
et lui apporter un bouquets de baisers
qu'elle laissait s'écouler entre ses lèvres transparentes
ses rives étaient caresses d'or chants et murmures
et dans le courant de ses bras
un dieu attendait que survienne dans l'air silencieux
le héron cendré de la parole
il y avait tout ce qui vit et ce qui meurt
le temps priait dans les nuages
et la montagne frémissait à l'aube
il y avait une flèche qui sifflait entre ce qui fut et sera
il y avait la poésie
comme un arbre mort refleurissant
au milieu d'un champs de pierres et de poussière.

André Chenet

 

Publié dans Poésie du monde

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