Les gouttes

Publié le par la freniere

Depuis le début du mois, l’air est trop collant pour sortir. À la maison, elle garde les volets fermés afin de ne pas faire entrer la chaleur de sorte que son appartement est en permanence teinté de la lumière rose pâle qui parvient à filtrer dans les deux fentes des fenêtres mal fermées. Le ciel est moite et le sol humide. Elle n’a pas de ventilateur à cause de la pénurie, mais le carrelage frais provoque parfois des frissons de plaisir. Elle ne veut plus sortir de la maison, car c’est sa seule semaine de congés. Du coup elle ne s’habille plus. Elle attache ses cheveux en boule sur le haut de sa tête, laissant apercevoir des gouttes de sueur sur sa nuque et ses épaules. Lorsqu’elle les attache elle lève ses deux bras au-dessus de sa tête, ce qui oblige les gouttes à dévaler les épaules et à se précipiter dans le creux du dos, jusqu’aux hanches pour les plus grosses. Il adore regarder la course des gouttes, surtout l’arrivée du petit bolide liquide contre l’élastique de son string, lorsque la goutte s’étend contre la peau et va disparaître dans les arabesques du tissu noir.

 

Thomas Vinau
 

Publié dans Poésie du monde

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