Bobby has left the building

Publié le par la freniere

Bobby has left the building

(dix ans déjà)

1.

Où commencer où finir
je n’ai plus rien à dire
je n’ai plus rien à rire
le délire le déluge coûte trop
cher à mon vieux coeur
de poète.

2.

Je suis à ma table de cuisine qui
n’est pas vraiment une cuisine
je suis là comme un espèce de
robert dickson mais sans le café
sans le silence de sudbury sans
le sourire de robert qui pouvait
illuminer toutes les galleries de
nos vies souterraines.

3.

Je suis à montréal et robert
n’y est pas
n’y est plus
de plus en
plus.

Bobby has left
the building
et le building

s’écroule comme
des bloc alphabètes
dans une garderie
qui brûle.

4.

Je suis à montréal dans la
lenteur d’un lendemain
de lecture au lion d’or où
une femme m’a demandé
d’écrire un mot dans un
livre de robert dickson
c’était votre ami elle dit
vous pourriez écrire un mot
quelque chose de poétique
c’est là que je réalise que
je n’ai plus rien à dire.

5.

Je suis à montréal à ma fausse
table de cuisine en train d’écrire
comme un espèce de dickson desséché

mais sans la sérénité sauvage
de son sourire son smile de
see you later alligator
in a while crocodile.

6.

Je suis à montréal
sous le petit
ciel bleu
par ici

le très petit
ciel bleu
par ici

(dans En temps et lieux 2
L'Oie de Cravan 2008)

 

Patrice Desbiens

Publié dans Patrice Desbiens

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