Hôpital Saint-Julien et les enfants du cardinal Léger (extrait)

Publié le par la freniere

En face de chez moi, il y a des pas sur la neige, une ceinture égarée, des traces de mésanges. On a détruit l'hôpital Saint-Julien, mais son ombre zigne les entre-jambes du parc. Les cris des orphelins sous les électro-chocs tressaillent dans les arbres. Tôt le matin, certains humains s'y risquent. Sonia perd son soulier et Philippe boite derrière Bella. Des murmures subsistent dans la piscine abandonnée. Ils se mêlent au bruit des chaînes et au grincement des balançoires. L'histoire est pleine d'atrocités. En Allemagne, on n'a pas détruit les fours crématoires. On les fait visiter. Il faut se souvenir de tout. Le bien et le mal se confondent souvent. Systoles et diastoles continuent de hanter les petites croix blanches du cimetière. Des fantômes soulèvent l'eau du lac, des petits corps jetés avec l'eau du bain. Je cherche une poussière d'étoiles dans la soupe des morts, un peu de sel sans la plaie.

Jean-Marc La Frenière

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