Jacques Prévert

Publié le par la freniere

Jacques Prévert

Dans l’insouciance radieuse de Jacques Prévert
(11 avril 1977 – 11 avril 2017)

Un poète, c’est simple à contenter
Avec des mots de trois fois rien
Sous les tonnelles du cœur.

Il n’est jamais parti très loin
Même quand ses semelles
Semblent avoir fini de battre le pavé des heures,
Même quand ses collages fraternels,
Ses mots guides, ses syllabes balbutiées,
Restent vers vous comme autant d’énigmes
Et de doigts levés.

Il vous écoute
Avec des rêves dans la voix
Qui rendent encore ici la vie fertile.

Il n’oublie pas de détester la guerre
Ni de vous secouer un peu
Pour vous aider à la redouter,
Tellement l’âme de l’homme
Est toujours prompte à se laisser séduire.

C’est pourquoi il possède
Dans les replis de toutes ses enfances
Complicité de femmes

Et gestes infinis de tendresse.

Il ne va pas se mettre en chagrin pour elles
Pas plus que devant la mort
La chahuteuse
La bien nommée.

Il aurait plutôt envie de s’en servir
Pour réjouir le visage des amis
Et jouer au cancre encore une fois,
Lui adressant un dernier pied de nez
Pour manifester qu’il est toujours bien là,
Paisible et pauvre sous le soleil.

Même quand la cruelle, la foutue voleuse,
La chineuse, la redoutée,
Aura cru sans vergogne
Pouvoir tout disperser de la splendeur de vivre,
Et des ultimes caresses vouloir tout emporter.

Jean Lavoué

 

Publié dans Les marcheurs de rêve

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