Le monde n'est pas une gare

Publié le par la freniere

Le monde n'est pas "une gare" ! Monsieur le Président, Le monde n'est pas "une gare". Il ne devrait jamais être cette triste gare où, d'un regard, on peut trier les gens qui "réussissent" et les gens qui "ne sont rien". Y a-t-il deux univers ? Celui de votre miroir et celui de ceux qui n'y entreront jamais ? Celui des gens du rien et ceux du beaucoup de biens ? Avez-vous tracé frontière entre les hommes chair à canon et à exploiter qui, dites-vous, "ne sont rien", et ceux qui, cachés dans des assemblées aristocratiques, "réussissent " et organisent le partage des richesses en privant le monde du labeur d'une vie décente, le spoliant parfois du droit à une maison, à se nourrir correctement, et à espérer un avenir pour ses enfants ? Y a-t-il votre monde, Monsieur le Président, réservé à ceux qui "réussissent", et dans un ailleurs virtuel, mon monde avec des gens de cœur qui naviguent à la godille entre les contraintes et un bonheur de vivre que chaque jour vous éloignez ? Y a-t-il deux mondes, Monsieur le Président, celui que vous présidez où le vieux capitalisme raisonné d'une France de l'égalité des chances reçue en héritage de nos parents est vendu à une horde de cols blancs que l'on invite dans les bureaux de Bercy quand ils détournent des millions ? Et l'autre monde, celui de chez nous, où l'on condamne un homme à huit mois de prison pour une pomme volée dans une voiture ? Quel est votre rêve Monsieur le Président quand les spoliateurs d'avenir, ceux qui ont "réussi", font main basse sur les richesses globales et marchandisent le labeur des faibles ? Quand l'internationale des profits brade la vie et la santé à la criée du moindre coût ? Comment me jugez-vous Monsieur le Président, moi qui n'aurai jamais de Cartier, qui ai connu l'angoisse des jours chômés, les huissiers, et ces fins de mois où il faut rester debout pour ne pas abandonner les siens ? Où me classez-vous, moi, homme de peu, qui croit que le respect, la compassion, l'amour et l'espoir prévalent sur les ambitions cannibales des sociétés de pouvoir ? Je suis triste, Monsieur le Président, quand je vois une femme ou un homme qui grelotte en cherchant un abri "de fortune" pour la nuit. L'humanité désespérée qui pâlit dans leurs yeux est ma blessure. Et vous ? Qu'y voyez-vous ? Oui, Monsieur le Président, dans mon monde, il y a des gens qui réussissent et d'autres que l'on a abandonnés, il y a des hommes de cœur avec du bien et des modestes qui portent une espérance globale, il y des comptables et des poètes, des oubliés et des enfants qui espèrent. Chez moi, il n'y a pas de "gare" où l'on peut croiser "ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien", il n'y a que mes frères humain, leurs désespoirs et leurs rêves. N'en sacrifiez aucun, Monsieur le Président, il n'y a pas de gens de rien ! Jean-Michel Sananès

Publié dans Jean-Michel Sananès

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