Été

Publié le par la freniere

On entend le ciel armer ses fusils et les cuivres du soleil martèlent les heures jusqu'au blanc des façades. C'est encore le temps des cerises dans les rires de mémoire quand déjà, gorge dure tendue, la terre craquelle sous la charge d'été. Un plomb incandescent dessèche ses crevasses. Chaque orage sec la plisse davantage. Haletantes, des bouches de soif vident les fontaines. Les portes des granges sont ouvertes, les bêtes en alpages, les mouches abandonnées dans l'air poussiéreux. Aux talus arides s'affaissent le jaune étique des herbes. Les cigales psalmodient au brasier de midi et dans le mûr des blés quelques coquelicots exaltent la récolte. Ici, ailleurs, nulle part, partout, , la vie respire à petits coups, pendue au clou brûlant de la forge estivale.

 

Ile Eniger

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