Rouge seul

Publié le par la freniere

Il faut du soleil et de la nuit pour toucher l'écriture, je n'ai plus ni l'un ni l'autre. Perdues les étoiles magistrales, les fleurs effrontées d'amandiers, l'envoûtante odeur des lilas, la laine des neiges et celle du bonheur. La lumière est ailleurs, muette. Le passage n'a plus de sens. Le ciel et la terre m'ont abandonnée. Tout m'a abandonnée. Je marche sur des braises, mon pas est rouge seul. Tarie comme un désert, j'invoque l'absolu en langue sèche d'hérétique. Pourquoi ces fers à mes chevilles, mes mains, ma vie ? Par sursauts, j'avance, par habitude, par volonté, par insolence. Où, quand, ai-je démérité ?

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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