De l'ordinaire à l'extraordinaire

Publié le par la freniere

De l'ordinaire à l'extraordinaire

à Céline Legault

Faire le beau, faire la belle, faire la vaisselle ou du tricot, écrire, peindre ou chanter, faire apparaître à la surface des choses les traces humides d'un fleuve souterrain, ce sont tous des façons d'aimer. Avec du fil à plomb, du fil de fer, du fil à retordre, des plumes et des pinceaux, des vieilles nippes, porte-manteau, porte-poussière, supports à linge, du bois, de la colle, des pelotes de laine et du vent dans les voiles des bateaux de papier, un groupe de femmes aux mains habiles, aux doigts de fée, aux yeux d'enfant ont fait avec des choses banales des œuvres extraordinaires, passant de la routine à l'absolu et de l'infime à l'infini. Tout ne tient qu'à un fil. Elles regardent le monde par le chas d'une aiguille. Leurs mains ne tremblent pas quand elles tracent la vie. Elles sont pleines de cœur pour nous sortir de l'ordinaire. J'aime qu'elles m'entraînent au plus profond de l'être, qu'elles sertissent dans leurs œuvres quelques moments fugaces de leur intimité. La grandeur d'âme est à ce prix. Les traces qu'elles nous laissent sont des morceaux d'amour, n'en déplaisent aux cyniques et critiques de service. Il faut baigner ses yeux dans cette exposition pour en avoir le cœur net. Il faut réduire la distance entre ce que l'on est et ce que l'on veut être, entre le rêve et le réel, l'espérance et l'espace. Il faut savoir rêver. Bonne exposition.

 

Jean-Marc La Frenière

 

Texte écrit à l'occasion de l'exposition Art textile: de l'ordinaire à l'extraordinaire, à partir du 5 juillet 2018 à la Maison créative et rurale Armand Vaillancourt, Carrefour de l'Érable, Plessisville.

Publié dans Prose

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