Vivant

Publié le par la freniere

Les rêves ne sont pas sur-humains, ils ne voyagent parfois qu'à hauteur d'homme. Un vélo tombe, les pieds dans ses rayons, sa chaîne saute ; une route dérape l'indifférence autour ; un pont bancal s'élance sur l'abîme ; une pierre d'achoppement pleure sa pierre d'angle ; des affiches mentent, vendent leurs viandes sur étals ; des promesses se maquillent aux chromes de mensonges. Quelque part un ami s'en va sans bruit. Lassitude lassitude, douleurs. On pourrait croire que les murs sont trop hauts, que l'univers trahit. On pourrait croire que le jour se ferme. Mais les bras de nuit enlacent des étoiles, une piste d'envol imagine un bonheur autre. Ce qui ne finit pas. Ce qui ne vieillit pas. L'hiver toujours porte un printemps. Et le soleil, chaque soir mort, remonte chaque matin, éblouissant. Vivant.

 

Ile Eniger

Publié dans Ile Eniger

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