Les Premières Nations

Publié le par la freniere

Le jour où Christophe Colomb s’est échoué pour la première fois sur une plage des Caraïbes, l’Amérique du Nord était depuis longtemps dotée d’un groupe de civilisations abondantes et extrêmement complexes. Après avoir continuellement occupé le continent pendant au moins 50 000 ans, les habitants autochtones représentaient une population totale d’environ 15 millions d’habitants, des villes aussi grandes que le centre urbain de 40 000 habitants de Cahokia (dans l’actuel Illinois), des conceptions très avancées d’architecture et d’ingénierie, des traditions spirituelles qui incarnent les équivalents des sciences écologiques modernes, des connaissances raffinées de la pharmacologie et de la médecine holistique, et des systèmes hautement sophistiqués de gouvernance, de commerce et de diplomatie. Les économies traditionnelles du continent étaient fondées sur des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement, à l’origine de plus de la moitié des aliments végétaux consommés aujourd’hui par les peuples du monde entier. Dans l’ensemble, les sociétés autochtones qui faisaient preuve de telles réalisations étaient organisées selon des principes extrêmement égalitaires, les biens immobiliers étant détenus collectivement et le matriarcat était la norme standard.

Avant la conquête de l’Amérique du Nord, il y avait des sociétés à grande échelle qui avaient perfectionné des façons de s’organiser pour s’épanouir psychologiquement, vivre à un niveau de vie très élevé tout en maintenant l’harmonie environnementale… La guerre, dans le sens où le terme est compris aujourd’hui – comme une destruction massive hautement organisée – était inconnue chez et entre les Premières Nations.

Ward Churchill, auteur et activiste autochtone d’Amérique

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