Mes nuits sont des cavernes

Publié le par la freniere

Mes nuits sont des cavernes où les rêves perdus rugissent
comme des terreurs millénaires se désagrègent
en envolées de chauve-souris que la lune dévore

Je palpe le silence,
je cherche, je fouille le sillage des disparus.
Où êtes-vous, où es-tu, dans cet ailleurs où je m’égare ?
Où êtes-vous mes disparus,
pareils à tant de poèmes dont les mots se sont évadés ?
Où êtes-vous, où es-tu, dans cette flambée de jours consumés ?

Je cherche dans le sillage des disparus,
je scrute l'armée des ombres pliées dans les ressacs des jours perdus,
j'entends des voix,
je vous vois,
je te vois, ma mère,
les yeux penchés sur mes cahiers à l'orthographe indomptée.

Où es-tu ma mère
dans cet ailleurs où crissent des chants d'amour oubliés ?
Deux ans déjà…

Je te cherche dans les mémoires de triage,
sur des chemins d’exil.
Je n'ai rien oublié de ces ailleurs où je fus enfant.
Je n'ai rien oublié des tablées fleuries
où tu chantais, ma mère.
Je n'ai rien oublié de ces soirées cachées
où le sel à tes yeux, coulait.

De soupirs en sourires,
mes nuits sont des cavernes où les temps reviennent.
Les jours y flambent dans une clameur heurtée de rires et de larmes.
Enfant, dans l'abécédaire des silences
je décryptais la violence du jour,
je savais qu'il me faudrait attendre
pour un jour déployer mon cri.

Sous des sourires d'apparat, parfois tu pleurais, ma mère.

Mes nuits sont des cavernes
où les rêves perdus rugissent encore comme des terreurs millénaires

Jean-Michel Sananès

 

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