Ghyslaine Leloup

Publié le par la freniere

Ghyslaine Leloup

Ghyslaine Leloup s'en est allé dans l'arrière-pays où resplendissent les mont enneigés et les mimosas en fleurs sur fond éblouissant d'azur. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, autour d'un repas savoureux, à Paris, elle m'avait confié qu'elle avait foi en sa guérison. Je l'avais invitée un peu plus tard (l'an dernier) à une "nocturnale" de poésie que j'avais organisé dans un théâtre alternatif à Montreuil. Le jour d'avant elle a du décliner mon invitation, elle se sentait trop fatiguée. Nous ne nous sommes jamais plus revus depuis et elle s'en est allée discrètement, sans maudire. Sa poésie subtile, délicate et d'une profondeur vertigineuse comme un arc-en-ciel géant d'après l'orage, habille désormais cette âme aux tourmentes naturelles et je la regarde maintenant s'éloigner comme ses ravissantes fiancées en robes blanches légères, couronnées de roses pâles et aux bras chargés de bouquets d'arums. Je respire avec chagrin les senteurs mélancoliques de son ultime sommeil ou plutôt de son départ vers des constellations aux noms de déesse. Nous avions en commun outre un amour inconditionnel de la poésie, le goût du vagabondage à travers les jardins sauvages, le long des sentes secrètes aux rêveries caillouteuses. Je l'imagine encore enfant dans les embruns de la marée haute à Ohama Beach ...

André Chenet


LA SOLITUDE ET LES FLEURS

Pays de brume et de givre
Qui ne se donne et sidère
Qui t’exile et t’éloigne
La terre patiente
Travaillée dans le secret des racines
Grosse de l’herbe à venir
Dormance
Frontière sublime d’un pays d’ailleurs
Eblouissant et mutique
Comme si la terre exhalait un songe
Ah sentir des fleurs et du feu
Rejoindre le pays des Hommes
N’est-ce pas ?

Ghyslaine Leloup

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