Un train fantôme

Publié le par la freniere

En cherchant la gare de l'âme,

un train fantôme me traverse la tête.

Qu’on me donne une pelle je creuserai dans l’humus des mots.

Qu’on me donne un briquet, je ferai fondre la glace des images.

Qu'on me donne un pinceau, je laverai les taches laissées par l'homme.

Qu'on me donne des raquettes à neige, j'enjamberai l'hiver dans les pas d'un yéti.

Qu'on me donne du miel, je nourrirai les ours.

Qu'on me donne un bourgeon, je viendrai au secours des arbres.

Qu'on me donne un sentier, je parlerai aux bêtes, aux oiseaux, aux tilleuls.

Qu'on me donne des ciseaux, je découperai le ciel.

Qu'on me donne les sept vies d'un chat, je ronronnerai sur un ventre de femme.

Qu'on me donne le chas d'une aiguille, je trouverai le fil.

Qu'on me donne un bout de laine, j'en ferai un mouton.

Qu'on me donne une chance, j'en ferai une chanson.

Qu'on me donne un seul mot, j'en trouverai mille autres.

Je ferai une maison avec une caisse de livres,

une table des matières pour casser la croûte.

La beauté sauvera-t-elle le monde?

Au moins, elle allège l'angoisse.

 

Jean-Marc La Frenière

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