C'était mon père

Publié le par la freniere

Impulsif, rassurant, c'était un italien. Il dansait, il chantait comme un italien. Les yeux noirs, la peau mate, il était beau comme un italien. Il avait des flambées de colères latines et d'improbables rêves. Entre lui et moi, cette distance, sa charge de famille assumée courageusement, honnêtement, sans fioritures. Il travaillait  la terre dure, il la connaissait, la respectait. Il rentrait au soir, fourbu, et nous ses deux fillettes, le craignions comme nous l'admirions. Qui était-il vraiment ? Je ne l'ai jamais su. Pudique, il était le jardinier amoureux de ma mère, l'homme bourru qui bousculait le chat et caressait le chien. Il était le silence dans quelques éclats de voix, le chef de la maison fier du parcours de ses enfants, l'homme qui ne se plaignait jamais. Il était la présence sans paroles, solide. J'avais 7 ans quand il m'a appris à danser le tango, je m'en souviens. C'était mon Père.

 

Ile Eniger

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