Encore, vole

Publié le par la freniere

C'est un matin de fronde. Tais-toi mes mots, ne te perds pas aux encensoirs, aux critiques, aux chemins balisés. N'oublie pas la traverse. Ne te pends pas aux ramilles d'hiver quand le regain t'invite sur la page d'à côté. Ne t'oublie pas aux pas lourds quand tes akènes trépignent d'envol. Tais-toi mes mots si tu rapièces un consensus quand l'unique de toi est affranchi depuis longtemps. Si tu t'ignores quand tu dédales aux lacis d'agitations certifiées. Ne te souviens-tu plus des sillages d'outardes qui te semblaient si proches, des feux de feuilles aux jardins partagés, du tulle de la joie quand tu savais les anges de mémoire ? Tais-toi mes mots si ta voix s'alourdit, si les ombres t'emmuraillent, si tu casses comme du petit bois, si tu as besoin de clés. Tais-toi si dire se résoud à remâcher. Se résoud à ressembler. Souviens-toi mes mots, le soleil dans tes paumes, la phrase qui s'embrase. Le temps qui s'écrit sans que tu le comprennes. Le mystère qui chante aux paroles d'oiseaux. Encore, vole. Le reste est sans importance.

 

Ile Eniger

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