Claude Vivier

Publié le par la freniere

Claude Vivier

Le 12 mars 1983, le compositeur québécois Claude Vivier est retrouvé mort

L'assassinat de Claude Vivier est à la musique ce que l’assassinat de Pier Paolo Pasolini est au cinéma 

Nous sommes le samedi 12 mars 1983, dans le onzième arrondissement de Paris. Cela fait plus d’une semaine que Claude Vivier n’a pas donné de nouvelles. 

Il n'est pas rare que le compositeur s’enferme durant des semaines pour finir une partition ou répondre à une commande mais en mars 1983, c’est différent. Il y a beaucoup de signes inquiétants. Claude Vivier n'est pas venu à la soirée que l’Ambassade du Canada lui a consacrée et il n' a pas non plus honoré le rendez-vous à dont il avait convenu avec le musicologue Harry Halbreich pour écrire un livret d’opéra sur Tchaikovsky.

Son amie Janine Euvrard, la sœur de Harry Halbreich, se rend donc chez lui et - trouvant porte close, - prévient la police. Claude Vivier git dans une mare de sang, sous un matelas, la bouche bourrée de papiers journaux. Il a reçu dix-sept coups de couteaux.

Une partition stupéfiante

Claude Vivier a mis en scène son propre assassinat

Près du corps de Claude Vivier on retrouve une incroyable partition : seize pages dans lesquelles Claude Vivier annonce brutalement sa propre mort. Non pas son suicide, non, mais bien son assassinat. La pièce s’appelle "Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele?" (Crois-tu en l’immortalité de l’âme?). 

C’est un monodrame pour soprano, récitant et ensemble qui évoque la rencontre entre le narrateur (Claude Vivier) et un jeune homme dans le métro. Et, étonnante prémonition : l’inconnu du métro sort dans cette pièce un poignard et l' enfonce dans le cœur de son interlocuteur. 

A Paris comme à Montréal, la consternation est profonde. Claude Vivier est incinéré au Père Lachaise, et il y aura une seconde cérémonie à Montréal un mois plus tard.

Claude Vivier connaissait-il son meurtrier ? 

En réalité, Claude Vivier est mort sous les coups de ce qu’on appelait à l’époque un truqueur. Les truqueurs, ce sont ces malfaiteurs qui dévalisaient les homosexuels après avoir feint d’accepter leurs avances. Claude Vivier ne connaissait donc pas son agresseur qu'on finira par identifier et retrouver fin octobre 1983. Le procès se tiendra quant à lui en novembre 1986 à la Cour d’Assises de Paris

Où entendre la musique de Claude Vivier ?

  • Le Festival d’Automne consacre un portrait du compositeur québécois en trois dates
  1. Le 19 septembre à la Philharmonie (Salle des concerts-Cité de la musique)
  2. Le 7 octobre au Théâtre de la Ville de Paris (Théâtre des Abbesses)
  3. Le 18 novembre au Théâtre de la Ville de Paris (Espace Pierre Cardin)
  • A Amsterdam, un vaste cycle de concerts dirigé par Reinbert de Leeuw en février/mars 2020

Christian Mason

La musique de Vivier représente un monde qui dépasse sa propre personne. J’ai toujours cette impression de voyager avec Vivier dans des mondes imaginaires. Sa musique est complètement inspirée : elle vient du cœur !

Claude Vivier
Lonely Child Susan Narucki (soprano)
Ensemble Asko/Schönberg
Reinbert de Leeuw (direction)
PHILIPS

Claude Vivier
Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele?
Susan Narucki (soprano), Johan Leysen (récitant)
Ensemble Asko/Schönberg
Reinbert de Leeuw (direction)
OPUS ARTE  

Claude Vivier
Wo bist du Licht?
Marie-Annick Béliveau (mezzo-soprano)
Société de Musique Contemporaine du Québec
Walter Boudreau (direction)
ATMA  

Claude Vivier
Bouchara
Susan Narucki (soprano)
Ensemble Asko/Schönberg
Reinbert de Leeuw (direction)
PHILIPS

Claude Vivier
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