Je n'ai plus de pays

Publié le par la freniere

Je n'ai plus de pays
La terre que j'habite
est recouverte d'asphalte
d'acier de verre et de béton
où le rêve cherche une issue
dans la poussière et le bruit
Ma langue douce ma langue franche
qui pourrait en traduire les accents rebelles
Je porte sur mes épaules un ciel dévasté
le squelette de la lune fait craquer mes os
un fleuve me traverse chargé de désespoir
J'ai vu mourir tant de mes amis
sur les rives de cette vie où jadis
acostaient les vaisseaux de l'imagination
Un poème ne suffirait pas guérir ma peine
la force des mots me manque pour dire la beauté perdue
Désormais sans boussole ni compas
j'avance à cœur brisé entre les souches d'un monde perclus
Mon amour s'enfonce dans la vase brune du silence
tandis que dans les quartiers chics se donnent des bals de charité
J'écris avec l'encre de mon sang l'étoile morte
dont la lumière eclaire toujours l'enfant qui m'attend

Je n'ai plus de pays
sinon un corps céleste
ouvert a tous les vents verts de l'insomnie.

Et plus de calendrier pour souligner les jours.

André Chenet

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