Je ne suis plus d'ici

Publié le par la freniere

Je ne suis plus d'ici

Je ne suis plus d'ici, mon présent ne répond plus aux attentes ordinaires. J'évoque aujourd'hui le feu sacré qui m'éprouve. Darde le soleil matinal ses puissants rayons sur ma peau liquéfiée par l'amour absolu. Là où moi-même je ne suis plus, mon ombre continue à danser tandis que le Condor me transporte vers le pays mystérieux où je m'attends depuis toujours. Ma naissance ne fut qu'un leurre, qu'une raison d'être sous la voûte étoilée. En chaque peuple qui se soulève contre l'inadmissible négation auquel il est assujetti, mon regard se porte tel une arme fraternelle pour frapper le monstre irrationnel et sans âme de l'indifférence générale. L'Occident désormais désincarné meurt d'un sommeil mensonger qui a répandu sa luxure sur toute l'étendue des mers et des continents. Le combat ne fait que commencer et je saurai toujours où retrouver mes alliés, mes soeurs et mes frères qui tissent des habits de lumière dans cette nuit qui a tout envahi. En son temps, Rimbaud, notre ardent ancêtre, avait tellement bien compris, envers et contre tout, l'inanité vulgaire du "comfort" dévastateur qu'il s'en est allé mourir dans le chaudron empoisonné d'Aden: il était bel et bien passionnément cet homme du futur qui nous lançait son message de désenvoûtement afin que nous soyons prêt à nous charger de cette éternité où nous saurons enfin saluer la beauté. Je continue mon voyage avec mon gilet jaune collé à même la peau et vous invite vous aussi à vous dégager "des humains suffrages, des communs élans!" et à voler selon...
André Chenet, le 19 décembre 2019

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