Viens-t-en printemps

Publié le par la freniere

J’attends les lilas que tètent les abeilles,

les chants d’oiseaux qui pendent

aux oreilles des arbres,

les petits brins de foin

qui se prennent pour la mer

et les fourmis quittant le port.

J’attends les mirabelles,

le crin-crin des cigales

sur le cou du matin,

la grande main du vent

giflant le désespoir

et la joue du malheur,

les nuages délaçant

la ceinture du froid

pour exhiber sans gêne

le sexe du soleil.

 

La terre troquera son gros pull de neige

pour la dentelle du pollen,

les tuques des poteaux

pour des boutons en fleurs,

le terreau des couleurs

où germe l’arc-en-terre

dans sa robe lyrique.

Une alouette chante

dans le fond de ma poche.

Un caillou s’impatiente

dans le ruisseau des pas.

 

Allez viens-t-en printemps !

Je prends déjà ma hache

pour une ligne à pêche,

mes raquettes pour un canot,

mes skis pour une plage,

le frimas des moustaches

pour la barbe à papa,

mes dix doigts pour une main.

Je ne fais plus de chasse-neige

mais de la chasse-galerie

au-dessus des forêts.

Je fais la vague

au milieu des flocons.

 

La sève monte à bord

comme de l’eau dans l’eau

faisant des bulles d’air.

Les érables sont saouls

et les chevreuils bandés.

 

Jean-Marc La Frenière

 

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