À l'école du vent

Publié le par la freniere

J’ai toujours été cancre.

Je voyais dans les mouches

une aventure plus grande

que les cahiers d’école.

Je dessinais dans l’air

des planètes inconnues,

du miel sur la Grande Ourse,

des sorcières sans balai

à cheval sur un crayon,

des virgules poivre et sel

dans la barbe des gnomes.

 

Par la fenêtre ouverte

je soustrayais des chiffres

sur le tableau des arbres.

Le vent les effaçait,

les changeait, les pliait

comme des heures molles.

Je voyais des oiseaux

me faire des clins d’aile

et se laisser porter

jusqu’au bord du bonheur.

 

Je lisais comme une vache

dans les trains qui passaient.

Je n’ai connu depuis

que des gares en mouvement.

J’ai découvert les mots

dans les cris des grillons,

les images dans ma tête

ouverte aux quatre vents,

la mer dans les nuages

en revenant de classe.

Je jette encore mon encre

sur des bateaux de papier.

 

Jean-Marc La Frenière

 

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