Franck la pie

Publié le par la freniere

Il y avait là réunies toute la belle lourdeur humaine et la belle légèreté des choses. C'était magnifique comme scène. Cher Franck je vais te raconter l'histoire. Pendant le repas on aperçoit dans le jardin côté cuisine une pie qui saute dans l’enclos des tortues. Branle bas de combat. elle va becqueter les bébés tortues cette bestiole là. Nous courrons pour la chasser mais elle ne s'envole pas. Elle saute contre le buisson, et nous ne tardons pas à comprendre que c'est un bébé de l'année qui ne sait pas encore voler. Je l'attrape pour l'enlever de l'enclos. les enfants sont émerveillés et moi aussi, c'est pas commun de caresser ces racailles du ciel là. Mais immédiatement le problème se pose qu'est ce qu'on en fait. Tous les chats du voisinage viennent nous squatter. On appelle le cousin qui aime les oiseaux, on consulte le site de la lpo, on hésite et on cherche, dans la nuit qui tombe avec cette petite chose serrée (pas trop) entre mes mains. On trouve une cage pour quelle passe la nuit sans les crocs que nous sortons de la cabane à jardin, aménageons, puis posons un peu en hauteur sur la terrasse. Et puis on se dit qu'elle va se faire mal là dedans, s'affoler, s'abimer les ailes. Je trouve sur le site de la ligue de protection, un système de carton qui pend au arbre le temps que la mama pie vienne le récupérer, ou qu'elle se retape et s'envole. A nouveau recherche de carton, ficelle, gamelle et compagnie. Un peu d'eau et de pâté pour chien. La nuit est tombée maintenant. Avec les enfants nous nous mettons à la recherche du bon endroit pour installer le nid de secours. Pas trop loin de l'endroit ou nous l'avons trouvé. Inaccessible aux chats, en hauteur. Un arbre puis un autre. Gaspard propose de planter un clou dans le mur, joseph un poteau dans le sol. La cabane du potager peut être non trop accessible, puis finalement nous optons pour la branche d'un pin plus difficile à atteindre pour les chats. Escabeau, acrobatie, installation du nid, puis à nouveau escabeau, acrobatie, pie dans la main cette fois, serrée mais pas trop qui s'énerve, me fiente dessus bien sur, enfin je la pose tout fiéro. Pas le temps de cligner des yeux qu'elle saute du carton, atterri à terre sans problème et se barre fissa dans les buissons et les grillages. Rideau. Toute la belle lourdeur humaine et la belle légèreté des choses. Elle se débrouillera. Les enfants étaient un peu triste. Moi j'ai ri dans la nuit. Cette petite pie qui a traversé nos vies ce soir froid de Mai, le temps de se moquer de nous, je la baptise Franck et ici ou ailleurs, je lui souhaite le paradis.

Thomas Vinau

Photo de Thomas Vinau.
 
 
 
 
 
 
 
 
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