Pensée pour un chien qui lève et se relève

Publié le par la freniere

La vie ressemble aux jours de pluie elle est la vie
C’est du Brueghel c’est la fiesta
Ensor sur les galets d’Ostende
Qui ricochent jusqu’en Baltique
De la peinture à l’eau des mers
T’aurais dû écouter ta mère
Faire sa prière
Quand tu ramenas ton carnet
Scolaire

Je suis Immaculée
Du genre plutôt Rock n’Roll
Promit la vierge ballerine
Dont tu soulevas le tutu
Croyant bien faire
T’as rien perdu
Qu’imaginaire

Pointe du Van
Sur la falaise de la mer
Je campais en caleçons longs
Ce n’était plus très à la mode
On se caillait les roubignolles
C’était en l’hiver pour complaire
A cette Vieille majuscule
Qui cette nuit me fit de l’œil
Puisque c’est le métier des phares
Que de cligner
Or ce retour de songe
Me vient embrun à la figure

La nuit est une paume à quoi la lune tient
Jusqu’au matin
J’ai vu le match depuis le poste
Des remplaçants
Mais la cérémonie n’était pas si réglée
Aux funérailles
Qu’on se bousculait à l’entrée
Pour sortir après vous madame
C’est bien le drame je rigole
Peut-être moins

Combien ça m’est douleur de rire
Sainte Anne indiquait l’estuaire
Bananiers peinturés de blanc
Dont j’ai vu la première couche
De minium en l’eau s’engoncer
Depuis les chantiers de la Loire
Chez Dubigeon
On se pintait à la chopine
Et du picrate d’Algérie
C’était l’heure de la sortie
J’étais un petit fort petit
Lorsque le pont me transborda
D’un nuage rive de l’autre
Qu’est aujourd’hui.

La vie elle ressemble au soir
A l’heure où viennent les amis
Est-ce qu’il restera à boire
Est-ce qu’il reste de l’espoir
Est-ce qu’il te reste l’histoire
Non ce qui reste c’est le soir
En attendant la relève
D’un chien qui rêve

Jean Camille

 
 
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