Désespoir du soleil

Publié le par la freniere

Dernière photo de Desnos au camp de concentration.

Dernière photo de Desnos au camp de concentration.

C'est le poème du jour qui commence dans la fumée odorante du chocolat et le monotone tac tac du cireur qui s'étonne de voir sur les marches de l'escalier les traces des griffes du voyageur de la nuit.
C'est le poème du jour qui commence avec des étincelles d'allumettes au grand effroi des pyramides surprises et tristes de ne plus voir leur majestueux compagnon couché à leurs pieds.
Mais le bruit quel était-il ?
Dites-le tandis que le poème du jour commence tandis que la vagabonde et le sphinx bien-aimé rêvent au bouleversement de paysages.
Ce n'était pas le bruit de la pendule ni celui des pas ni celui du moulin à café.
Le bruit quel était-il ? Quel était-il ?
L'escalier s'enfoncera-t-il toujours plus avant ? Monterons-nous toujours plus haut ?
Rêvons, acceptons de rêver c'est le poème du jour qui commence.

Robert Desnos, Désespoir du soleil

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