Ils ont dit

Publié le par la freniere

Se lever tôt le matin, avant le lever du soleil. Ouvrir en grand la fenêtre et contempler le ciel. La dernière étoile se dilue dans la clarté naissante. Au dessus des toits, vers l'Est, se répand une lueur rosâtre, souffle du soleil à venir. Les vrais poètes retiennent leur inspiration. Que pourraient-ils ajouter à ce moment de grâce inattendue? Pauvres gens qui dormez toujours dans les mots de dictions acrobatiques, qu'attendiez-vous des croquis rupestres et des énigmes fossilisées? Sortir dans les rues de n'importe quelle ville ou courir après les ombres fuyantes d'un rêve immobile? Retrouver le chemin de l'école buissonnière et recevoir les baisers de la rosée parmi les hautes herbes d'un chant célébrant pour toujours la naissance de l'univers. Nul dieu pour nous pourrir la vie. Nulle pensée inopportune dans l'air encore inexploré de ce temps en suspension parmi les poussières des possibilités sans lendemain qui s'offrent au promeneur indéfini pour lequel toute tentative de bon aloi se résout aussitôt après les carillons de l'aube en une offrande immémoriales, rive blonde ou lointains exorcisés. Il ne subsiste qu'une âme comme une arme de tendresse contre tout ce qui nous tue.

André Chenet

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