Samedi 24 juin 2006

Quand la musique se fait lumière, c’est l’œil qui entend.

 

par la freniere publié dans : Aphorisme du jour
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Samedi 24 juin 2006
Avec sur mon dos
l'ourson bleu des images
rescapé de l'enfance
je traverse la vie
comme une enseigne usée
par l’orage et le sang.
Trop malhabile pour aimer,
trop petit pour les mots,
je dépose mes clefs
dans les yeux de chacun.

Je me perds souvent
dans la trame des phrases.
Je fais des accrocs
dans la dentelle du son.
sJe détonne parfois
dans le micro du sens,
J’ai appris la grammaire
au fil du couteau,
mon verbe dans la rue,
mes voyelles dans la chair.
Je dors la tête sur demain
et les doigts sur la peau.
J’essaie tant bien que mal
de ravauder sans fil de soie
les vêtements du silence
usés par la colère
et l’espérance déçue.
Je signe d’une main tremblante
des paraphes de vent
pour attiser l’amour
et laisser à la vie
sa place dans la mort.

Je ne sais pas
ce que c’est qu’un poème
mais le poids du bâillon
me pèse quelque fois.
Je me confonds au chant
de celui qui l’arrache.
Le fruit qui pousse
dans la poussière,
dans la neige ou le sable
ne renie pas sa branche.

Je fais un trou dans l’apparence
étonné malgré tout
du cœur qui s’y trouve
et des caresses à venir.


par la freniere publié dans : Les pieds dans les plats
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Vendredi 23 juin 2006
Les mêmes qui détestent la visite ne supportent pas qu'on les ignore.
par la freniere publié dans : Aphorisme du jour
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Jeudi 22 juin 2006

Il n'y a dans ce blog que des retailles de mots cherchant le fil d'Ariane pour recoudre le temps, de petites bulles d'espoir fragiles mais tenaces, de petites poches de soif rapatriant la source, des rêves de grandeur à la mesure du doigt, des phrases qui s'emboîtent comme des poupées gigognes, des retours à la ligne, des billes, des ressorts, des derviches tourneurs, un fleuve sous les mots. Il n'y a dans ces pages
que du bonheur d'écrire, des regards qui se croisent, des plumes d'oiseau-lyre, des caresses entrevues dans la brume des marges, des pas qui dansent sans entendre la musique et des sens qui courent après leur propre sens. Il y a dans ces pages toute la vie au bout des doigts, dans l'eau bleue de sa voix des batraciens émus, dans ses fossiles imaginaires le disque dur des mémoires, une préface à la vie de face et de profil, des paroles sans voix que le plaisir des mots qui cherchent l'infini entre les blancs des pages, des yeux qui s'ouvrent, une oreille dans l'oreille, un cœur dans chaque veine, des larmes qui sourient, des arcs-en-ciel qui restent, des quais qui prennent la mer bien avant les bateaux, des phrases ouvertes et des à suivre. Il n'y a pas de fin mais des commencements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par la freniere publié dans : Prose
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Jeudi 22 juin 2006

On peut faire naître ou faire le néant, faire l’amour ou faire la haine. Le parapluie sert de parasol au milieu du désert. La bonté est un sujet tabou. On préfère l’intelligence des machines à la tendresse du cœur. La plume se brise contre les bombes mais renaît sous la cendre. Je parle à cœur ouvert, à mains nues. J’écris avec les feuilles mortes, les lignes de l’écorce, les pages blanches, les plumes des oiseaux. J’écris au plus près de la peau, de la caresse aux trous de balle, au plus près de la terre, du désert au déluge, du dehors au-dedans, au plus près des racines, de l’œuf jusqu’au vol, de l’écueil à l’accueil.

Dès le passage des avions, les chameaux du désert ruminent les mirages. Il n’y a plus de caravanes mais des carcasses de tanks parmi les puits de forage. Le pétrole brûle encore depuis la guerre du Golfe. Les silos sont vides mais les charniers sont pleins. Pour des millions d’enfants, le rêve est un grain de riz oublié sur la route. Ils n’ont pour s’amuser qu’un hochet de néant ou l’os d’un cadavre. Où êtes-vous, mes frères ? Il nous faudrait des bras pour soutenir le ciel. Qui parlera d’amour la bouche pleine de cendres ? Les arbres plient l’échine, privés de chlorophylle.

La mémoire du plancton s’atrophie sur la plage parmi les marées noires et l’avarie du sel. L’équilibre des vagues a fini par se rompre. Il n’y a plus de morues dans l’estuaire du fleuve. Où la farine manque, on fusille le blé. Où l’abondance règne, nous nous empoisonnons aux fruits contaminés. J’ai l’air de quoi avec mes noms de fleurs dans mes colliers de mots, mon tire-pois puéril dans la fission de l’atome, ma charrette à bœufs sur l’autoroute et mon cierge d’église sous les néons blafards. Mon corps dans le rêve se remémore sa naissance. Il cherche ses racines dans le fleuve utérin. Dans les ornières de la faim, une charrette fantôme distribue l’espérance.

Chaque jour, on vend autant de Barbie que d’enfants meurent de faim. On mange autant de Big Mac qu’on déforeste l’Amazone. On n’arrête pas le progrès. On augmente le profit. On bâillonne le cœur. On remplace le rêve par un chèque illusoire. Que reste-t-il à voir sous la poussière qui tombe ? L’or du soleil n’est plus qu’un cadavre à poèmes, une rime de pauvre. Le vent n’a plus de feuilles. Les forêts défoliées ont mangé leurs racines. Quand on ajoute un s au cœur du mot comique, on change de registre. Le chemin parcouru se mesure pas à pas. Mes utopies au poing, mes rêves sur le dos, je suis tout étonné d’être encore un vivant. Avec ma langue de fil à plomb, mes clous rouillés, j’équilibre les mots. J’empile des images pour regarder plus loin, grimper plus haut et parler aux étoiles.

21 juin 2006

par la freniere publié dans : Prose
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autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008





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