Lundi 9 juillet 2007
Alvin Josephy  :  

L'Indien a survécu, posant au conquérant Blanc un défi que beaucoup de non-Indiens, en particulier aux Etats-Unis, ne tolèrent pas facilement, même s'ils la comprennent: ils demandent de rester Indiens. Ce droit implique au fond le droit d'être différent, ce qui aux Etats-Unis va à l'encontre de l'orientation générale de la société majoritaire. Idéalement, le rêve américain confère l'égalité des chances, mais pratiquement ce processus s'inscrit dans le cadre de l'objectif général qui consiste à supprimer les différences. Les Indiens, s'accrochant à ce qui leur semble leur convenir le mieux, ont résisté instinctivement aux mesures visant à leur faire abandonner ce qu'ils veulent préserver et à adopter ce qu'ils ne tiennent pas à acquérir. Tel a été - et tel est toujours - l'élément essentiel de ce qu'on appelle le problème indien aux Etats-Unis. 

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Jeudi 5 juillet 2007

Les Akuntsu sont un groupe d’Amazonie constitué de six individus. 
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Les Akuntsu sont un petit groupe d’Indiens d’Amazonie constitué de six individus. Ils sont les derniers survivants connus de leur groupe. Les Kanoê, leurs voisins, ne sont plus que trois. Ces deux groupes vivent dans l’Etat de Rondônia au Brésil.
Comment vivent -ils ?
Un groupe de cinq Kanoê fut contacté en 1995 par les employés par la FUNAI, la fondation nationale brésilienne des affaires indiennes. Peu après, les Kanoê leur parlèrent d’un autre groupe d’Indiens isolés qu’ils appelaient Akuntsu. Le contact fut établi avec ces derniers quelques mois plus tard. Ils ne représentaient alors qu’un groupe de sept personnes ayant survécu aux vagues de massacres perpétrés par les éleveurs et leurs hommes de main durant les années 1970 et 1980. Aujourd’hui, les trois Kanoê et les six Akuntsu occupent une parcelle de forêt appelée Omerê, qui a été officiellement démarquée mais qui est entourée de vastes fermes d’élevage et de plantations de soja. Ils vivent dans deux villages séparés, dans deux petites malocas (maisons communautaires) couvertes de palmes. Ce sont d’excellents chasseurs (qui affectionnent les pécaris, les agoutis et les tapirs) ; ils ont également de petits jardins dans lesquels ils cultivent du manioc et du maïs. Ils cueillent aussi les fruits de la forêt et pêchent parfois des petits poissons dans les criques.

Les Akuntsu fabriquent des flûtes en bois utilisées dans les danses et les rituels et ils portent aux bras et aux chevilles des bracelets en fibre de palmier. Les coquillages avec lesquels ils fabriquaient leurs colliers ont été remplacés par du plastique multicolore récupérés des bidons de pesticides abandonnés par les fermiers.

À quels problèmes sont-ils confrontés ?
Bien que leur terre ait été officiellement reconnue et que la FUNAI maintienne une présence permanente dans cette région, les Akuntsu et les Kanoê sont encerclés par des fermiers hostiles. Les deux groupes ont été traumatisés d’avoir assisté à l’extermination de leur peuple et subi d’extrêmes violences de la part des hommes de main des fermiers.Ils sont à présent très craintifs et méfiants à l’égard des étrangers. Personne ne connaît la langue akuntsu et de ce fait il leur est très difficile de faire connaître leurs besoins et de raconter leur histoire. En tant que peuples isolés, ils sont très vulnérables aux maladies apportées de l’extérieur.

À moins que les Akuntsu n’acceptent de se marier avec des personnes issues d’une autre communauté indigène, cette petite tribu disparaîtra définitivement de la surface de la terre. Un autre petit groupe de Kanoê, contacté il y a plusieurs décennies, vit dans la partie occientale de l’Etat de Rondônia.

La campagne de Survival
Survival fait pression sur le gouvernement brésilien pour qu’il démarque, reconnaisse et protège les terres de tous les groupes indigènes isolés et non contactés du Brésil. Ils disparaîtront si leurs droits humains collectifs ne sont pas reconnus et respectés.

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Dimanche 17 juin 2007

MAPLE SUGARING MOON

Just when the snow begins to leave,
the edges of our northen woods,
the maple trees once more will bring
sweet sap up from their roots.
An Abenaki story said
that maple trees once flowed pure syrup.
All through the year, you only had
to break a twig tofill your birchbark cup.
Thas was so easy, the people got lazy.
They just stretched out beneath the trees,
mouths open, drinking all through the days.
Glooskap, the giant who helped the people,
saw this was wrong, and so he placed
much water into every maple.
So, to this day, it is not easy
to get our harvest from the trees.
We boil down forty gallons of sap
for every gallon of maple syrup.
But even though Glooskap made it harder,
that work makes our maple syrup taste better.

 

LUNE DU SIROP D’ERABLE

Quand la neige commencera juste à disparaître,
à l’orée de nos bois nordiques,
les érables encore une fois nous apporteront,
montée de leurs racines, une douce sève.
Une histoire Abenaki racontait ceci :
Une fois, les érables versèrent du pur sirop.
Tout au long de l’année, il suffisait de casser un rameau
pour remplir votre coupe en écorce de bouleau.
C’était si facile, les gens en devinrent paresseux.
Ils se contentaient de s’allonger sous les arbres,
la bouche ouverte, et de boire toute la journée.
Glooskap, le géant qui aidait le peuple,
vit que c’était là mal faire, et donc il mit en réserve
beaucoup d’eau dans chaque érable.
Et depuis ce jour, ce n’est pas aisé
de faire notre récolte auprès des arbres.
Nous faisons bouillir quarante litres de sève
pour n’obtenir qu’un seul de sirop d’érable.
Mais bien que Glooskap l’ait durci,
ce travail rend le goût de notre sirop bien meilleur.

 

WORN BY THE RAIN

Holding my father’s shotgun in my left hand
I pass it through the sweetgrass smoke,
 then touch the shell filled with #6 birdshot
to that wound in my flesh which will not close.
It is dark, clouds hide strarving moon
three days after full, and there is no wind
as I jack the shell into the chamber,
then lift the stock to my shoulder.
I point the barrel to the mourning sky,
towards the southeast and then I say,
Grandgfather, I send this back to the place
from which it came. Let the healing start.
The thud of the shot rings in my ears.
The cordite smell is sweet as srtuck flint,
and some where, from the arc of anger,
a green star falls after this thunder.
That night, five winters after his death,
I dream once more my father’s voice.
Takwanipihesan, he says. A guide
gave him that word in Newfoundland.
And now it begins, for he speaks
of sky colors, that ancient promisre
of peaceful days the Dawn People name
Takwinipihisan –" " Coat Worn by the rain.

 

USE PAR LA PLUIE

Tenant le fusil de mon père dans la main gauche
je le fais passer dans la fumée de *sweetgrass,
puis mets la cartouche remplie d’un calibre six pour oiseaux
au contact de la blessure dans ma chair qui ne se refermera pas.
Il fait sombre, les nuages sont en selle sur une lune affamée
trois jours après sa plénitude, pas un souffle de vent,
j’enfonce la cartouche dans la chambre
puis lève la crosse à mon épaule.
Je pointe le canon vers le ciel endeuillé,
en direction du sud-est , puis je dis
Grand Père*, j’envoie ceci de l’endroit
où il est venu, que la guérison commence.
Le bruit sourd de la détonation résonne dans mes oreilles.
L’odeur de cordite est aussi douce que celle du silex frappé
et quelque part, après ce tonnerre, décrivant une courbe,
une étoile verte en colère tombe.
Cette nuit, cinq hivers après son décès,
Je rêve encore de la voix de mon père.
Takwanipihisan, dit-il. Un guide
lui avait donné ce nom dans le Nouveau monde.
Et maintenant apparaît
celui des temps anciens, la promesse des temps de paix,
celui dont le nom fut donné par Le Peuple De L’Aube,
parce qu’il parle des couleurs du ciel


takwanipihisan  "  Manteau Usé Par La Pluie . "
* Sweetgrass : herbe sacrée que les Indiens brûlent afin que sa fumée purifie. Nom scientifique : Hierochloe Odorata


Grandfather : mot utilisé pour les invocations au ciel. Les Indiens disent familièrement Grand-Père le ciel, Grand-Mère la lune.

Joseph Bruchac

Traduction : Béatrice Machet

Joseph Bruchac est l’auteur aussi bien de récits de fiction que de poésie. Il a également recueilli les contes des peuples Iroquois et Abenaki dont le fameux : Thirteen Moons on The Turtle’s Back. Récompensé par un prix littéraire, il apparaît, en tant qu’auteur ou co-auteur, dans plus de cinq cent publications et dans une bonne soixantaine de livres. Il a fondé avec sa femme Carol la maison d’édition The Greenfield Review Press, et il est le directeur de la revue littéraire  The Greenfield review. Son travail d’éditeur et de revuiste ont débouché sur des ouvrages d’anthologie. Il aime aller à la rencontre des artistes comme lui, d’ascendance Indienne En effet Joseph Bruchac est certainement aux U.S.A. celui qui connaît le mieux la poésie Indienne et ses auteurs, en cela il est leur plus ardent défenseur. Il vit au pied de la montagne Adirondack, dans la ville de Greenfield, dans le nord de l’état de New-York, dans la maison où ses grands parents maternels, membres de la nation Abenaki, l’avaient élevé. Malgré des ascendances Anglaises et Slovaques, il affirme que c’est son héritage Indien qui l’a le plus nourri.

 
 
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Mercredi 13 juin 2007
Tatanka Yatanka (Sitting Bull) :

Il y a chez vous des personnes richissimes et des personnes qui souffrent de la faim. Chez nous, si quelqu'un a faim c'est parce que nous sommes tous affamés. Chez vous un homme est d'autant plus important qu'il peut étaler le plus de possessions, d'avoir, chez nous un homme compte par ce qu'il est et ce qu'il donne. Moi je suis très important parce que malgré mes pouvoirs, je ne possède rien...

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Samedi 2 juin 2007

L’OCCIDENT BARBARE ET LA PHILOSOPHIE SAUVAGE Essai sur le mode d’être et de penser des Indiens ojibwé de Eric Navet.

 

Face aux échecs de la modernité, les Peuples traditionnels opposent une philosophie basée sur les valeurs humaines, écologiques et spirituelles qui font gravement défaut aux sociétés dites « civilisées ». L’Occident barbare et la philosophie sauvage nous convie à l’exploration d’un tel mode d’être et de penser à partir de l’exemple de l’une de ces sociétés traditionnelles : les Indiens ojibwé du Canada. La leçon qu’ils nous enseignent entend démontrer qu’il n’est de monde humain possible, de monde tout simplement, que dans le respect des équilibres naturels (sociaux, écologiques et religieux), et la prise de conscience par les êtres humains qu’ils ne sont qu’un élément du monde qui les entoure. Les Ojibwé l’affirment : le monde ne saurait être autrement que « beau, ordonné et harmonique ».

***

Eric Navet est Professeur d’ethnologie à l’Université Marc Bloch de Strasbourg, responsable du Centre de Recherches Interdisciplinaires en Anthropologie (CRIA). Il est également membre du Réseau Arctique (CNRS) et du Comité de Soutien aux Indiens d’Amérique (CSIA). Depuis 1971, il séjourne régulièrement chez les Amérindiens du Nord canadien (Ojibwé et Innuat) et les Teko/Émerillon de Guyane française. Collection Univers des Possibles, 384 p., 20 euros Ed. HOMNISPHERES

homnispheres.info/

 
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autres publications:
Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990

La nuit des gueux, collectif, La Plume libre, 2006

Photomaton, collectif, En Ligne Éditions, 2006

Scribulations 0-1, collectif, Éditions La Madolière, 2008





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