Planter le jour
à coups de poings
d'interrogation
Les yeux qui grimpent
à la fenêtre
jusqu'aux carreaux ferreux
de la grande grue du loin
Un ciel clair
sur le chantier
Un matin mat de questions
Thomas Vinau
etc-iste.blogspot.com/
La cour est pleine de feuilles mortes
elles vont s’accumuler dans la rigole
et boucher ce qui doit l’être
c’est comme ça chaque année
aux premières pluies tout déborde
il faudrait prendre les choses en mains
agir, anticiper
Thomas Vinau
Dimanche 16 septembre 2007
Le soleil grimpe tranquillement
pendant que je pisse sur les ronces
si chacun remplit sa part du contrat
tout devrait bien se passer
Thomas Vinau
etc-iste.blogspot.com/
Mercredi 12 septembre 2007
Elle marche derrière moi
Bien sur qu’elle marche derrière moi, qu’est ce que tu crois ?
Elle met ses pas dans les miens. Toujours. C’est pareil pour tout le monde.
Certains jours elle disparaît, mon corps est plus léger, je me gonfle de joie, j’ai du mal à retenir mes rires. Mais elle revient toujours, frotter son absence contre la mienne. Son rire est
plein de dents. On la porte avec soi n’est ce pas ? Chacun son petit manteau de douleur, son tricot de peau humide et piquant autour de l’âme, chacun son vertige à l’intérieur de lui-même, son
propre gouffre. On s’escalade et puis on retombe au fond avec l’écho d’une syllabe, ou un courant d’air. Impression de disparition. Elle arrive pour rien, gratuitement, comme la pluie. Elle se
planque derrière les portes, ça fait un petit moment qu'on ne l'a pas vu, mais je sais qu'elle rôde, qu'elle nous surveille. Son oeil blanc à travers le trou de la serrure. Elle nous pioche comme
un trou à charbon. Chacun a ses petites incantations pour ça, ses petites formules magiques. C’est l’anodin, le minuscule qui nous sauve. Comme si le matin était un seau de sable sec qui
s'effrite sur une plage...
Thomas Vinau
etc-iste.blogspot.com/
D'un mot l'autre